15 ans du Programme SAKURA - Le comportement vocal des primates non-humains

Collaboration entre le Laboratoire Ethologie Animale et Humaine de l’Université de Rennes et la section Cognition et Apprentissage de l’Université de Kyoto.

Nobuo Masataka (responsable de la section Cognition et Apprentissage, Université de Kyoto, Japon), Alban Lemasson (directeur du laboratoire EthoS – Ethologie Animale et Humaine, Université de Rennes, France) et leurs collègues collaborent depuis plus d’une décennie à des projets s’intéressant au comportement vocal des primates non humains.

Les équipes des professeurs Masataka et Lemasson s’accordent sur leur approche de la question des origines évolutives du langage humain : ils prônent une démarche basée sur des études comparatives, chez les primates, des caractéristiques de la communication vocale et des mécanismes cognitifs et sociaux sous-jacents. Leurs découvertes soutiennent l’idée que le langage ne serait peut-être pas le propre de l’Homme car plusieurs propriétés dites langagières sont clairement partagées avec nos cousins primates.

Macaque japonais femelle - JPEGUn bon exemple concerne les règles conversationnelles. Les recherches menées conjointement par les deux équipes montrent ainsi que les macaques japonais échangent des vocalisations en respectant un certain nombre de règles. Le statut social de l’individu permet de prédire son activité vocale. Ainsi, les femelles, qui forment le noyau dur du groupe social, sont bien plus loquaces que les mâles. Ces dernières échangent des cris particuliers, dits de contact, en respectant des tours de parole et en évitant surtout de se couper la parole. Ces conversations sont décrites comme une forme de « toilettage à distance » car les femelles qui entrent le plus en interaction vocale sont aussi celles qui s’épouillent le plus souvent, un marqueur des affinités.

Mone de Campbell femelle - JPEGUne autre partie de leurs travaux porte sur la plasticité vocale chez le singe adulte. Contrairement à l’idée reçue que le répertoire vocal des primates non-humains est fixé dès la naissance, ils ont observé des phénomènes de mimétisme vocal entre certaines femelles adultes. Chez les espèces dites « tolérantes », comme la mone de Campbell africaine, les femelles se copient entre amies. Par contre, chez les espèces dites « despotiques », à la hiérarchie marquée, comme le macaque japonais, ce sont les femelles dominées qui copient les dominantes.

L’existence de flexibilité vocale chez les singes adultes soulève la question de l’émergence de cette variabilité au cours du développement. Les jeunes primates apprennent progressivement, comme nos propres enfants, à respecter les règles conversationnelles. Il n’est pas rare qu’un jeune en phase d’apprentissage coupe la parole ou réponde avec un cri à la structure inappropriée. Chez le gibbon agile indonésien, leurs études ont également démontré le rôle important de la mère qui sert de modèle social et guide les premiers apprentissages.

À propos du partenariat Sakura

Le partenariat Sakura, soutenu par les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) en France et par la JSPS (Japan Society for Promotion of Science) au Japon, vise à favoriser de nouvelles coopérations entre jeunes chercheurs et à développer les échanges scientifiques et techniques de haute qualité entre les universités et les institutions de recherche des deux pays.

Pour plus d’informations sur le programme Sakura

dernière modification le 10/12/2018

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