15 ans du programme Sakura - Première observation depuis l’espace de la production de pollution à l’ozone proche de la surface de la terre en Asie de l’Est

Collaboration entre le Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA) en France et l’Agence japonaise pour la science et la technologie maritimes et terrestres (JAMSTEC) au Japon.

Pour la première fois, la production photochimique d’ozone au plus proche de la surface (situé au-dessous de 3 km d’altitude) a été quantifiée en Asie de l’Est à l’aide uniquement de données spatiales. Cette première quantification est d’une importance majeure puisqu’elle est faite proche de la surface et donc en lien direct avec la qualité de l’air. Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe franco-japonaise de chercheurs du Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA) en France et de l’Agence japonaise pour la science et la technologie maritimes et terrestres (JAMSTEC) au Japon, consolidée grâce à un partenariat PHC Sakura financé en 2014-2015 et soutenue ensuite par le Centre national d’études spatiales, le Programme national de télédétection spatiale et l’Agence nationale de la recherche.

L’ozone troposphérique est l’espèce gazeuse la plus néfaste pour la santé humaine et les écosystèmes. Les recherches novatrices de l’équipe franco-japonaise ont permis de démontrer que même si une part importante de la pollution à l’ozone est produite en Chine suite aux émissions majeures de polluants, une augmentation additionnelle de 80 % des concentrations d’ozone est observée lorsque les masses d’air polluées sont transportées par les vents vers la Corée et le Japon. Cette production d’ozone supplémentaire est associée aux réactions chimiques des espèces gazeuses précurseurs de ce polluant, comme les oxydes d’azote et les composés organiques volatiles. Ces résultats vont permettre de mieux quantifier l’origine de la pollution à l’ozone et son export d’un pays vers l’autre, ainsi que d’améliorer la prévision de la qualité de l’air.

La stratégie scientifique de l’équipe franco-japonaise a été basée sur la seule méthode satellitaire actuelle capable d’observer l’ozone au plus proche de la surface, reposant sur l’utilisation simultanée de plusieurs mesures satellitaires dans l’infrarouge et l’ultraviolet des sondeurs de nouvelle génération IASI et GOME-2. Ces nouvelles observations de la pollution à l’ozone ont ensuite été valorisées au niveau international. Elles sont produites à l’échelle globale et mises à disposition de la communauté internationale par le pôle national AERIS. Elles ont aussi contribué au Rapport international sur l’ozone troposphérique (TOAR).

JPEG Le projet Sakura a été un soutien indispensable pour initier la collaboration franco-japonaise entre le LISA et la JAMSTEC. Les résultats ont été obtenus grâce à une méthodologie implémentée pour la première fois en Asie de l’est, nécessitant de nombreux échanges entre les deux partenaires, uniquement réalisables grâce à la mobilité des scientifiques entre les deux pays. De nombreuses études en perspectives s’ouvrent pour les prochaines années, telles que l’analyse de la pollution aux particules atmosphériques (polluants les plus néfastes) en Asie.

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À propos du partenariat Sakura

Le partenariat Sakura, soutenu par les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) en France et par la JSPS (Japan Society for Promotion of Science) au Japon, vise à favoriser de nouvelles coopérations entre jeunes chercheurs et à développer les échanges scientifiques et techniques de haute qualité entre les universités et les institutions de recherche des deux pays.

Pour plus d’informations sur le programme Sakura

dernière modification le 13/02/2019

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