Chat avec la Communauté française (16/12/2011)

Toujours soucieuse de renforcer l’information de la communauté
française, et de mieux répondre aux questions de nos compatriotes,
l’Ambassade de France au Japon a tenu le 16 décembre 2011, un "chat" consacré aux
conséquences de la crise de Fukushima. Vous trouverez ci-après la
liste des questions posées et les réponses qui ont été fournies par le
Conseiller nucléaire de l’Ambassade Christophe Xerri et l’expert de
l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Olivier
Isnard.


Conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima
vendredi 16 décembre 2011

Ambassade : Bonjour, Le chat commencera comme convenu à 18 heures. Vous pouvez dès à présent poser vos questions.

Commentaire de la part de Francis : Bonjour, mon épouse (Japonaise) et ma fille (11 ans), habitent actuellement en France mais souhaitent retourner vivre à Tokyo en 2012. En tenant compte du fait que ce déménagement n’ est lié à aucune obligation professionnelle ou autre, mais simplement à une commodité personnelle, pensez vous, dans l’ état actuel des connaissances , qu’il est sans risque de vivre à Tokyo ou qu’il serait plus sage de s’ installer dans un pays voisin ( Séoul, Hong-Kong, etc....) ? Je suis particulièrement soucieux en ce qui concerne l’ alimentation, le cas récent de contamination du lait en poudre pour bébé laissant à penser que plus aucun aliment n’est réellement fiable.

Olivier Isnard : [pour Francis] Bonjour, Vivre à Tokyo ne présente à l’heure actuelle pas de danger particulier. Concernant l’alimentation, les mesures réalisées et publiées montrent que les concentrations dans les produits végétaux terrestres poursuivent leur tendance générale à la baisse. On constate encore des dépassements des normes de commercialisation ou de consommation dans certains produits comme certains poissons de mer, des champignons, de la viande de bœuf, du riz de la préfecture de Fukushima. Pour ce qui concerne les produits mis sur le marché, il convient d’en varier la provenance et de varier son alimentation pour effectivement limiter l’exposition à une contamination possible.

Commentaire de la part de Frédéric Pérut : Melt-through. Que sait-on du devenir du corium, est-il sous la centrale, a-t-il traversé la roche, s’est-il écoulé dans la mer, dans les nappes phréatiques ?

Christophe Xerri : [pour Frédéric] TEPCO a rendu public une analyse sur la situation du corium. Selon cette analyse, pour les 3 réacteurs le corium est resté dans l’enceinte de confinement. Le corium du réacteur numéro 1 a percé la cuve, et a partiellement pénétré le béton sans atteindre la roche ; pour les réacteurs 2 et 3, une très faible quantité de corium serait sur le béton, mais sans l’avoir pénétré.
Une présentation est disponible en anglais sur le site de TEPCO.

Commentaire de la part de Patrice : Les enceintes peuvent-elles durablement résister avec une température interne proche de 100°C. Y-a-t-il un risque de corrosion accélérée ?

Christophe Xerri : [pour Patrice] Il n’y a aucun risque de corrosion accélérée à ce niveau de température. En fonctionnement normal, la température est d’ailleurs bien plus élevée. Les conditions d’arrêt à froid étant obtenues, il n’y a pas de risque particulier concernant l’enceinte.

Commentaire de la part de Patrice : Je reprécise la question. J’imagine qu’il y a un gradient de température entre le haut des cuves, environ 100°C, et le bas des cuves où se trouve le corium. Quelle est la température estimée du corium ? En bas de la cuve et sur le béton, quel est le risque de corrosion ? Situation identique pour les 3 réacteurs ?

Christophe Xerri : [pour Patrice] Le corium n’est pas en contact avec l’enceinte. Pour le réacteur 1 où le corium a partiellement pénétré le béton, on ne relève aucun dégagement de gaz caractéristique des interactions béton-corium.
Le cold shut down ayant été confirmé par le gouvernement japonais, la température mesurée au fond des enceintes est inférieure à 100°C. TEPCO l’avait mesurée dans l’ordre de 50 à 60°C.
La situation du corum est différente pour le réacteur 1 comparé aux réacteurs 2 et 3, mais la situation vis-à-vis de la corrosion est identique

Commentaire de la part de Patrice : Quelle est la quantité d’énergie dégagée aujourd’hui par les 3 réacteurs ? Pour combien d’années s’il n’y a pas de nouvelle explosion ?

Christophe Xerri : La quantité d’énergie est difficile à estimer. Les mesures nécessaires sont prises pour assurer le refroidissement. Effectivement, il faudra plusieurs années pour un refroidissement complet, situation similaire à celle des combustibles normalement déchargés et entreposés en piscine.

Ambassade : INFORMATION : la note de l’Institut national de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) à l’attention des français vivant au japon a été actualisée le 12 décembre. Elle est comme d’habitude accessible via le site de l’Ambassade : www.ambafrance-jp.org

dernière modification le 19/12/2011

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