Chat avec la communauté française (04/12/2012)

Le dernier "chat" s’est tenu le mardi 4 décembre 2012. Vous trouverez ci-après la liste des questions posées et des réponses qui ont été fournies par le Conseiller nucléaire de l’Ambassade Christophe Xerri, le Conseil agricole adjoint de l’Ambassade Nicolas Berthollet et l’expert de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Olivier Isnard.

Conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima (mardi 4 décembre 2012)

17h40
Ambafrance : Bonjour, le chat commencera comme convenu à 18 heures. Vous pouvez dès à présent poser vos questions.

17h59
Ambafrance : Bonjour, le chat a commencé. Merci de vos nombreuses questions, auxquelles nous allons maintenant répondre.

18h04
Commentaire de la part de michael q. : Où trouver des infos fiables et à jour sur la situation à la centrale de Fukushima ? (criiad, irsn, nsr us).

18h04
Commentaire de la part de michael q. : Bonjour, au mois d’octobre de cette année la ville de Zushi (sud de Kanagawaken)a mesuré la présence d’iode 131 dans ses eaux usées. La valeur est de 730 Bq/kg. Pouvez vous-commentez cette valeur et la raison pour laquelle il y aurait la présence d’iode radioactive encore aujourd’hui ?

18h05
IRSN : [IRSN] Pour Michael Q : Il existe une mesure, de la station du CTBTO à l’Ouest de Tokyo qui a effectivement montré une mesure légèrement au dessus de la limite de détection en I-131. Néanmoins, compte tenu de la date par rapport à l’accident il est probable que cela puisse provenir d’un évènement médical.

18h05
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Les sources d’informations fiables sont côté japonais : METI, TEPCO et sur certains sujets le MEXT
côté français : ASN, IRSN.

18h08
Commentaire de la part de borivandin : Bonjour, quelle est la situation alimentaire actuelle ? Il ya t-il toujours des dépassements de normes pour certains aliments ? si oui lesquels ?

18h08
Nicolas B. : Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles normes maximales admissibles au Japon le 1er avril 2012, plus de 170 000 analyses officielles ont été réalisées sur des denrées alimentaires originaires de l’ensemble du Japon et en particulier du Tohoku. Un dépassement de ces nouveaux seuils particulièrement stricts a pu être constaté sur environ 1% des résultats. Elles concernent en effet plus spécifiquement certaines catégories de denrées alimentaires telles que les champignons et les viandes de gibier sauvage tels que les viandes de sangliers. Les denrées présentant des dépassements des seuils réglementaires sont interdites à la commercialisation.

18h11
Commentaire de la part de Visiteur : Bonjour, on parle souvent de l’état de la piscine de combustibles usés du réacteur 4 de Fukushima, mais je ne vois rien sur les autres. A-t-on des informations sur leur état, et leur situation est-elle inquiétante ?

18h13
IRSN : [IRSN] Pour Visiteur : Concernant les piscines. L’ensemble des piscines du site sont à regarder. La piscine du réacteur 4 était particulièrement à regarder compte tenu du fait qu’elle était la plus chargée avec du combustible qui venait d’être déchargé du réacteur. A l’heure actuelle, les travaux sont en cours pour permettre le déchargement de ces piscines. TEPCO publie régulièrement un état d’avancement de ces travaux. Néanmoins, à ce stade l’ensemble des piscines ne génère pas d’inquiétude particulière.

18h15
Commentaire de la part de FB CLEMENT : Bonjour. Ma question concerne le risque de contamination alimentaire. Malgré toutes les précautions et particulièrement une alimentation variée et une vérification de l’origine des produits frais, il n’est pas possible d’être totalement certain de la qualité des produits. Selon vous, serait il raisonnable d’effectuer, par exemple chaque année, un test de dépistage par analyse d’urine (ou autres méthodes) ? Connaissez-vous à Tokyo des hôpitaux qui pratiquent ces tests ? Merci.

18h15
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Réponse à FB Clément
La population à risque, proche des réacteurs accidentées, est suivie.
Ailleurs dans le Japon, la situation ne justifie pas de suivi particulier.
Nous ne connaissons pas d’hôpitaux à recommander à Tokyo pour d’éventuels tests d’urine.
Nous savons que des français résidents au Japon ont profité de leur passage en France l’été dernier pour faire des examens poussés (antropogammamétrie) qui n’ont rien révélé d’anormal.

18h16
Commentaire de la part de Visiteur : Des rumeurs on fait état de "hot spots" de radioactivité dans la région du Kanto en 2011. Ces rumeurs étaient elles fondées, et si oui quelles informations précises sont disponibles ?

18h16
IRSN : [IRSN] Pour Visiteur concernant les "hot spots" : Le MEXT publie des cartes de contamination sur l’ensemble de la zone impactée. Certains hot spots ont en effet été mesurés et à notre connaissance, les plus élevés d’entres eux ont été traités.

18h22
Commentaire de la part de Visiteur : Est-ce que un effondrement de la piscine du réacteur 4 suite à un nouveau tremblement de terre pourrait poser des risques pour les résidents de Tokyo du même ordre qu’en mars 2011 (e.g. évacuation, prise d’iode etc.) ?

18h22
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Visiteur - 18h02 : Aujourd’hui, selon les informations dont nous disposons, la piscine 4 résisterait à un tremblement de terre de même force / intensité que le 11 mars 2011.
Dans un scénario hypercatastrophe où, pour une raison ou pour une autre la piscine 4 s’effondrerait, et avec le vent dans le mauvais sens, oui il faudrait prendre des précautions aussi à Tokyo.

18h24
Commentaire de la part de Visiteur : Existe-t-il toujours des risques de contamination alimentaire au Japon ? si oui quels sont les aliments ou les origines auxquels il faut faire attention aujourd’hui encore ?

18h25
Commentaire de la part de Arthur : Bonjour, des précautions particulières doivent-elles être prises concernant l’alimentation encore aujourd’hui à Tokyo ? Y-t-ils des précautions supplémentaires à prendre pour les femmes enceintes ou les nourrissons ? Merci d’avance pour vos réponses !

18h27
Nicolas B. : Comme indiqué précédemment, les dépassements des normes maximales admissibles (ou NMA) sont rares. Ces dépassements concernent en particulier certaines denrées telles que les champignons et les viandes de sangliers sauvages. La consommation des champignons de cueillette est donc à proscrire.
On constate également des dépassements des NMA sur quelques produits de la pêche en provenance des préfectures de la côte Pacifique du Tohoku. Dans tous les cas, les denrées présentant des dépassements des seuils réglementaires sont cependant interdites à la commercialisation.
Il convient de noter que les NMA définies pour les produits laitiers et les aliments pour nourrissons sont plus strictes que les NMA générales.
Pour mémoire l’IRSN publie régulièrement sur son site des notes faisant un état des lieux de la situation dans la chaine alimentaire au Japon.

18h27
Commentaire de la part de Robert : Bonsoir ! Le fait que ce chat soit organisé signifie-t-il que l’ASN estime que la situation est encore à l’état de crise ?

18h27
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Robert : L’Ambassade prend l’initiative d’organiser régulièrement un tchat car nous recevons régulièrement des questions de la communauté française au Japon, ou de personnes qui envisagent de se rendre au Japon (questions auxquelles nous répondons systématiquement)
C’est un moyen complémentaire de répondre aux interrogations d’une partie de notre communauté.
Les experts IRSN sont aux côtés de l’Ambassade pour vous répondre.

18h33
Commentaire de la part de Bertrand : Pourriez-vous donner vos sources quant au fait que la piscine 4 résisterait à un tremblement de terre de même intensité que celui du 11 mars 2011 ? Merci.

18h33
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Réponse à Bertrand
Les sources sont des études faites par TEPCO après le renforcement, vérifiées par JNES (l’IRSN japonais) et l’Autorité de sûreté japonaise, et présentées au public.

18h36
Commentaire de la part de Visiteur : Mon compteur Geiger mesure 0.11 mSv à Tokyo. Quelle était cette mesure avant l’accident de Fukushima ?

18h36
IRSN : [IRSN] Pour Visiteur, mesure avec compteur Geiger : Votre mesure semble curieuse. En effet, l’unité devrait être en microSievert/heure (µSv/h). La valeur indiquée, sous réserve d’une bonne calibration de votre appareil, devrait alors être 0,1 µSv/h. Ce qui est légèrement au dessus des mesures actuelles faites dans la zone de Tokyo. A titre de comparaison cette valeur correspond au bruit de fond.

18h41
Commentaire de la part de JM Figari : La centrale de Fukushima a été fragilisée par le tremblement de terre, et des risques demeurent élevés en cas de désastre à venir. Le risque n’est jamais nul, mais a partir de quand estime-t-on que le risque d’accident a Fukushima sera ramené a celui d’une centrale normale ou moins ?

18h41
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour JM Figari : Il n’y a effectivement pas de vérité blanc / noir pour répondre à votre question.
Compte tenu des éléments dont nous disposons, TEPCO a maintenant une bonne maîtrise de la situation et les systèmes de refroidissement sont stables.
Dans ce sens, il ne nous semble pas qu’il y ait aujourd’hui de risque d’un accident fondamentalement différent de celui d’une centrale en exploitation normale.

18h43
Commentaire de la part de Robert : Les relevés que je fais a l’aide de mon compteur simple ne dépassent pas 0.30 µSv/h autour de chez moi. Cela suffit-il pour estimer que des mesures de précaution (type "confinement") sont inutiles ? Existe-t-il des dangers non détectables par mon compteur dans la poussière domestique, tels que radionucléides émettant en alpha ou en beta, plutonium 239 en particulier ?

18h43
IRSN : [IRSN] Pour Robert, votre appareil mesure du débit de dose, il n’est donc pas capable de faire une mesure du rayonnement de particules de type Pu239. D’après les mesures disponibles, il n’a été trouvé du Pu239 attribuable à l’accident que dans des zones proches du site. En effet, les particules de plutonium sont très lourdes et ne peuvent être dispersées sur de grandes distances. Il n’y a pas de mesures de précaution à prendre de type confinement à l’heure actuelle.

18h45
Commentaire de la part de Visiteur : Merci de faire le point sur la situation alimentaire et les risques liés au poisson, l’eau du robinet, les légumes en provenance de Chiba et Ibaraki.

18h47
Nicolas B. : Concernant les résultats des contrôles effectués plus spécifiquement sur les produits en provenance de la préfecture de Chiba, plus de 2000 analyses ont été réalisées et moins de 0.8% de ces résultats montrent un dépassement des NMA dans les légumes. Comme indiqué précédemment, ces dépassements concernent principalement des champignons. On note également plusieurs dépassements sur des pousses de bambou. Concernant les produits de la pêche, moins de 0.5% des résultats montrent un dépassement.
Pour la préfecture d’Ibaraki, dans les légumes moins de 0,7% des résultats montrent un dépassement. Ces dépassements concernent à nouveau des champignons et des pousses de bambou. Concernant les poissons, comme indiqué précédemment on constate un dépassement des seuils plus fréquent pour les produits de la pêche des préfectures de la côte Pacifique du Tohoku. Dans le cas d’Ibaraki, près de 2000 résultats d’analyses ont été obtenus et les dépassements de seuils représentent un peu moins de 3%.
En revanche pour l’eau du robinet, aucun cas de dépassement n’a été constaté. Dans la préfecture de Fukushima, les NMA ont été fixés à des seuils particulièrement bas (10Bq/kg) et aucun dépassement n’a été constaté.

18h51
Commentaire de la part de Visiteur : Existe-t-il un risque de "syndrome chinois" à Fukushima i.e. lente descente du combustible vers la nappe phréatique suivi d’une explosion souterraine ?

18h51
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Non, il n’y a pas de "syndrome chinois". Les éléments du cœur qui ont fondu n’ont pas traversé le béton et sont maintenant bien fixés.

18h53
Commentaire de la part de Visiteur : En dessous des normes cela ne signifie pas "non contaminé", or c’est bien l’accumulation qui devient dangereux il me semble, sur quoi son basé ces normes ? est ce que le corps élimine cette contamination ?

18h53
IRSN : [IRSN] Pour visiteur concernant les normes : Effectivement, en dessous des normes ne signifie pas non contaminé. La norme actuelle est définie à partir du régime alimentaire constaté au Japon pour une dose par ingestion de 1 mSv/an. A partir de cette valeur et du régime alimentaire, il est possible de définir des valeurs limites par type d’aliment. Les contrôles actuels réalisés par le MHLW sur les aliments indiquent une dose moyenne de l’ordre de 0,04 mSv/an. Le corps élimine en grande partie les radioéléments.

18h54
Commentaire de la part de Robert : L’évolution de la situation depuis mars 2011 est-elle rassurante ou trouve-t-on des résultats préoccupants quant à la dispersion de la contamination sur terre et en milieu marin ?

18h54
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Robert : L’évolution de la situation est effectivement rassurante. Les mesures sont nombreuses et le confirment. Ce qui n’exclut pas de rester vigilants.

18h57
Commentaire de la part de Visiteur : Quelle crédibilité peut-on accorder aux études, mesures et mises en garde parfois assez inquiétantes effectuées par les ONG telles que Criirad, Greenpeace ?

18h57
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Les mesures effectuées par les ONG sont dans les mêmes ordres de grandeur que les mesures effectuées par les organismes officiels. Ensuite, chacun est libre de son interprétation.

18h57
Commentaire de la part de Tanguy : J’ai moi aussi un compteur Geiger et j’ai fait des mesures à Tokyo, Narita, Kochi, Amsterdam, Lyon, et Londres. Mes résultats sont que les valeurs sont quasi identique : fluctuations entre 0.03 et 0.12 microSv/h (Londres étant l’exception, ne dépassant pas 0.08).

18h57
C Xerri / Conseiller Nucléaire : pour Tanguy : Merci pour ces informations et vos relevés.

18h59
Commentaire de la part de Tanguy : Les niveaux de radiations externes entre EU et Japon sont-elles identiques ? Le reste du monde aussi ?

18h59
IRSN : [IRSN] Pour Tanguy : Les niveaux de radiations sont en effet comparables entre EU et Japon. Certaines zones de France par exemple, ont des niveaux plus élevés pour des raisons géologiques.

19h01
Commentaire de la part de Tanguy : Question radiation interne : quelle est la différence entre les normes japonaises actuelles et les normes françaises en termes de contamination des produits alimentaires ?

19h01
Nicolas B. : Les normes actuellement en vigueur au Japon sont nettement plus strictes que les normes en vigueur en Europe et en France.

19h03
Nicolas B. : Les éléments radiologiques sont effectivement éliminés par le corps humain et les organismes vivants en général. La durée d’élimination des éléments radiologiques est caractérisée par la demi-vie biologique qui correspond à la durée au bout de laquelle la moitié des éléments radiologiques sont éliminés par l’organisme. Dans le cas du césium 137, la demi-vie est de l’ordre de 70j environ.
Concernant les méthodes qui ont permis aux autorités japonaises de définir les NMA actuellement en vigueur au Japon, des informations complémentaires en anglais sont disponibles sur le site du MHLW à l’adresse suivante : http://www.mhlw.go.jp/english/topics/2011eq/dl/new_standard.pdf

19h03
Commentaire de la part de Yves : Bonjour, le fait de se baigner dans de l’eau de mer, notamment dans la région de Kamakura, présente-il un danger particulier à ce jour ? Merci.

19h03
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Yves : Nous ne voyons pas de risque particulier à se baigner à Kamakura. De manière générale se baigner n’entraîne pas un risque d’exposition significatif.

19h04
Commentaire de la part de Lila : Oui merci également de clarifier la situation au niveau des légumes et fruits venant d Aomori.

19h04
IRSN : [IRSN] Pour Lila, à l’heure actuelle, les mesures disponibles montrent un dépassement uniquement pour les champignons sauvages.

19h07
Commentaire de la part de Borivan : Au sujet de la piscine 4, dans un cas de scenario hypercatastrophe, comment l’ambassade envisage-t-elle de distribuer les pastilles d’iode et dans quel délai ?

19h07
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Borivan : L’Ambassade de France serait dans une telle éventualité, en contact rapproché avec les autorités japonaises et également les experts français. Le système de gestion de crise de l’Ambassade serait activé, et la réponse décidée en fonction de la situation.

19h10
Commentaire de la part de Visiteur : Pourriez-vous donnez des éléments de comparaison entre des produits alimentaires des régions proches de Tokyo ou plus au Nord et ceux venant éventuellement de l’étranger, traités contre la germination ou ayant poussé avec de fortes doses d’engrais.

19h10
IRSN : [IRSN] Pour visiteur sur les produits alimentaires : Il s’agit de choix personnels, la meilleure des réponses étant certainement de varier les provenances.
Le traitement contre la germination n’induit pas de contamination de nature radiologique de l’aliment.

19h13
Commentaire de la part de Tanguy : Au meilleur de votre connaissance personnelle, est-ce qu’il y aura une différence sur la sante d’un enfant élevé à Tokyo et un enfant élevé à Paris dans les 10-15 prochaines années ?

19h13
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Tanguy : La radioactivité ambiante à Tokyo est revenue à ses niveaux avant accident, les normes sur les denrées alimentaires sont strictes (voir les réponses précédentes).
Donc nous ne voyons pas de facteur lié à la radioactivité pouvant entraîner une différence de santé sur des enfants élevés à Paris ou à Tokyo.

19h16
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Bertrand : Comme pour se baigner à Kamakura, pas de souci particulier pour plonger à Kanagawa.

19h17
Commentaire de la part de Bertrand : Y a-t-il un risque de faire de la plongée sous-marine avec nos enfants (4 et 6 ans) dans la mer, au niveau de la région de Kanagawa-ken ?

19h17
Commentaire de la part de Hachi : Suite a l’accident de Fukushima, des mesures de radioactivité spontanées ont été réalisées par des citoyens. Et certaines ont révélé des pics de pollution radioactive dans l’arrondissement de Setagaya à Tokyo, ( en raison de fioles de radium enfouies dans le sol, ou stockées en sous-sol). Devant l’entrée d’un supermarché à hachimanyama, le taux de radioactivité était de 110 microsievert/h. au sol et d’environ 10microsievert/h à un mètre du sol. Quels sont les risques pour ceux qui ont fréquenté ce magasin régulièrement ou de temps en temps, et notamment pour les petits enfants ? Merci.

19h17
IRSN : [IRSN] Pour Hachi : Les conséquences pour les visiteurs sont certainement faibles car le temps de présence l’est aussi. Depuis les fioles ont été retirées.

19h17
Commentaire de la part de Nathalie : Vous parlez du poisson et des champignons. Qu’en est-il des algues et des fruits de mer. Déconseillez-vous les coquillages, crabes etc... En provenance d’Hokkaido ? Beaucoup de biscuits à apéritifs sont fabriqués dans la région d’Iwate. Ces biscuits utilisent des algues et du sel en grande quantités. Le gouvernement japonais fait-il également des études sur les produits composites ?

19h18
N. Berthollet - Ambassade : Les contrôles officiels réalisés à Hokkaido n’ont mis en évidence aucun dépassement des NMA, y compris sur les produits de pêche. Près de 600 résultats ont été obtenus sur des produits de la pêche, y compris des coquillages.
Par ailleurs des contrôles officiels sont également réalisés par les autorités japonaises sur les produits composites.

19h18
Commentaire de la part de Lila : Merci pour vos réponses à nos questions récurrentes.

19h21
Commentaire de la part de Visiteur : Est-ce que des symptômes comme rhumes prolongés, yeux qui grattent, maux de gorge, saignements occasionnels du nez etc. peuvent-être lies à une exposition prolongée, à des radiations de faible intensité ?

19h22
IRSN : [IRSN] Pour Visiteur : Des signes cliniques comme le saignement de nez, les vomissements ou l’étourdissement sont constatés pour des expositions très importantes à de la radioactivité, pas pour des expositions de faible intensité. Les autres symptômes que vous décrivez ne sont pas associés à une exposition à de la radioactivité.

19h25
Commentaire de la part de Visiteur : Doit-on éviter de consommer des aliments "à risque" (champignons, coquillages etc) provenant de Tochigi, du Tôhoku en général, ou peut-on se dire qu’ils sont sans danger s’ils sont achetés dans la grande distribution ?

19h25
IRSN : [IRSN] pour visiteur sur les aliments à "risque" : Le fait que ces aliments soient achetés dans la grande distribution ne change pas le fait qu’ils soient à risque toutefois ils bénéficient de nombreux contrôles ce qui n’est pas le cas de produits ramassés directement dans la nature.

19h27
Commentaire de la part de JM : Toute l’attention se concentre bien naturellement sur la centrale de Fukushima. Selon vous existe-t-il des risques sismiques-nucléaires de même nature sur d’autres centrales en activité ou à l’arrêt au Japon ?

19h27
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour JM : Le Japon est sismique, tous les réacteurs japonais prennent en compte ce risque depuis longtemps.
Le réacteur de Fukushima a été victime d’un tsunami, qui a entraîné une perte d’alimentation électrique et de refroidissement. Ce risque de tsunami était moins bien pris en compte, ainsi que la perte d’alimentation.
Depuis le 11 mars 2011, le risque tsunami a été réévalué sur toutes les centrales (certaines ayant engagé des travaux importants pour y faire face) et des mesures pour faire face à une perte d’alimentation électrique et pour assurer le refroidissement ont été réalisées sur chaque réacteur.

19h27
Commentaire de la part de Thierry Consigny : Pourrions-nous envisager une conférence spécifique sur la sécurité alimentaire ?

19h31
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Thierry Consigny : Oui, on peut regarder comment organiser une conférence sur ce thème.

19h32
Commentaire de la part de Pascal : Bonjour. L’ambassade de France peut-elle nous obliger à évacuer ?

19h32
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Pascal : L’Ambassade ne peut pas obliger à évacuer.

19h37
Commentaire de la part de Nathalie : Pratiquement toutes les centrales nucléaires sont arrêtées. S’il devait y avoir un tremblement de terre important sous une de ces centrales, y aurait-il un risque équivalent à celui de Fukushima, ou les risques sont-ils inférieurs même si les piscines de refroidissement ne fonctionnent plus par exemple ?

19h37
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Nathalie : Le risque serait effectivement de nature différente du fait que les centrales sont à l’arrêt.
Il conviendrait bien sûr de refroidir les piscines de combustible. Le délai d’intervention avant d’avoir une situation dangereuse est beaucoup plus long que dans le cas d’un réacteur en fonctionnement.

19h37
Commentaire de la part de Cédric : Bonjour, connaissez-vous le pourcentage d’aliments testés ? Je pense bien que tous les aliments ne peuvent être testés mais quelle fraction est testée ? Est-elle suffisamment représentative ?

19h38
N. Berthollet - Ambassade : Tous les aliments commercialisés ne sont pas testés par des contrôles officiels. Les plans d’échantillonnage sont établis au niveau préfectoral selon des instructions nationales qui recommandent de cibler certaines zones ou certains produits en fonction des résultats obtenus précédemment. Par ailleurs, si des dépassements récurrents sont identifiés par les autorités, celles-ci peuvent décider d’interdire la commercialisation de ces produits à risque. On constate également que le nombre de contrôles officiels augmente significativement et on a aujourd’hui entre 1000 et 2000 résultats d’analyses officielles publiés quotidiennement.
Par ailleurs, les professionnels de l’agroalimentaire (industrie de transformation, distribution) ont également mis en place des dispositifs d’autocontrôles des productions qu’il commercialisent.
Enfin, il convient de rappeler que le Japon importe une grande partie de son alimentation ou des ingrédients destinés à la production de son industrie agroalimentaire.

19h39
Commentaire de la part de Lila : Sur la sécurité alimentaire ou sur la confiance / méfiance que nous avons vis-à-vis des résultats d’analyses (sujet tabou ?).

19h39
C Xerri / Conseiller Nucléaire : Pour Lila : Il n’y a pas de tabou, mais c’est un sujet très personnel sur lequel chacun à sa propre perception au delà des résultats scientifiques.

19h42
Commentaire de la part de chris : J’ai pu lire qu’à priori des études sont faites par le Japonais sur les enfants autour de Fukushima, et que le résultat est un pourcentage très important d’anomalies de la thyroïde ont été détecté, avez-vous des informations à ce sujet ?

19h42
IRSN : [IRSN] Pour Chris, les études médicales menées lors de l’accident de Tchernobyl ont montrés des anomalies thyroïdiennes plusieurs années après l’exposition (temps de latence). Les contrôles réalisés au Japon sont particulièrement nombreux sur une catégorie spécifique de la population (enfants) qui n’est généralement pas contrôlée. Il est difficile à l’heure actuelle de se prononcer et c’est le suivi dans le temps de cette population qui permettra d’avoir un éclairage complet.

19h43
Commentaire de la part de Robert : Les statistiques médicales sur l’état de sante des populations après mars 2011 font-elles apparaitre des effets de l’accident ?

19h44
Commentaire de la part de Cedric : Excusez-moi de reposer ma question mais, 600 résultats sur des produits de pèches, quand on prend en compte la totalité de la production en Tohoku, la mesure est-elle représentative ?

19h48
N. Berthollet - Ambassade : Pour les 600 résultats d’analyses sur les produits de la pêche, ce chiffre concerne les résultats pour les produits de la pêche de la préfecture d’Hokkaido uniquement. Aucun résultat de dépassement n’a été constaté.
Si on considère les 4 préfectures de la côte Pacifique du Tohoku, plus de 8000 résultats d’analyses officielles ont été publiées.

19h48
Ambafrance : Le chat est maintenant terminé. Merci de vos nombreuses questions. Vous pouvez bien entendu nous envoyer des questions à l’adresse suivante : webmestre@ambafrance-jp.org

dernière modification le 17/01/2019

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