Comité de sécurité - centre de crise (juin 2013)

COMITE DE SECURITE DU 17 JUIN 2013

La première réunion semestrielle du Comité de Sécurité s’est tenue le 17 juin 2013 à l’ambassade sous la présidence de M. François-Xavier LEGER, ministre-conseiller, M. Thierry SABOT, attaché de sécurité intérieure, M. Christophe XERRI, conseiller nucléaire et M. Nicolas BERTHOLLET, conseiller agricole adjoint, et des représentants des Sapeurs-Pompiers de Tokyo.

Le comité a rassemblé 72 responsables d’îlots, présidents d’associations, dirigeants d’établissements culturels et d’enseignement, cadres de sociétés et journalistes. Des représentants de l’ambassade de Suisse, des Etats-Unis et de la délégation de l’Union européenne au Japon étaient également présents.

M. LEGER a ouvert la séance en indiquant que l’ambassade continue d’actualiser et d’améliorer son plan de sécurité. A cette fin, elle a organisé en mars dernier un exercice de gestion de crise spécialement pour les agents n’ayant pas connu les évènements du 11 mars.

Puis il souligne l’importance du travail des îlotiers qui, deux fois par an, procèdent à l’actualisation du fragment de liste consulaire qui leur est confié.

Néanmoins il rappelle que l’action de l’ambassade et des îlotiers vient en complément de celle des autorités locales. Il est primordial de se conformer à leurs consignes en cas de crise majeure.

1 - Bilan des mesures de sécurité

Avec 159 bénévoles les effectifs de notre réseau d’îlotiers sont en diminution par rapport à la précédente réunion du comité grâce au recrutement de 21 nouveaux volontaires. De plus, la pénurie de responsables dans des zones pourtant fortement peuplées tels que les arrondissements de Meguro, Minato, Shinjuku ou Shinagawa n’a pas été résorbée malgré de multiples appels à volontaires.

S’agissant de notre réseau téléphonique satellitaire Iridium, le taux de participation aux tests a baissé mais se maintient à un niveau satisfaisant : 78%.

Par ailleurs, les résultats de la campagne de recensement des foyers français au du mois de janvier sont les suivants :

27 îlots sur 99 ont renvoyé à l’ambassade leur liste avec les rectifications. Ce qui aura permis de détecter près de 88 départs du Japon ou de l’îlot non-signalés au consulat et de mettre à jour les dossiers de 240 autres foyers.

Ce résultat est encourageant car on constate que de plus en plus d’îlots participent aux campagnes de recensement. Menée à grande échelle elles permettront d’avoir une connaissance plus précise et plus fiable de la communauté française au Japon.

C’est pourquoi chacun est invité à bien vouloir entreprendre de vérifier la réalité de la liste qui lui est remise aujourd’hui et à nous renvoyer les résultats de ses investigations d’ici le 30 septembre 2013.

Enfin, il faut saluer les initiatives des îlots de Shinjuku, Bunkyo et Yokohama qui, depuis le dernier comité, ont organisé pour la communauté française et en collaboration avec les autorités locales des journées d’exercice et de formation à la prévention des risques majeurs. J’encourage les autres îlotiers à faire de même.

2 – Exposé de l’attaché de sécurité intérieure

M. Thierry SABOT a fait le bilan de l’exercice de gestion de crise organisé le 12 mars 2013 à l’ambassade de France au Japon :

Durant une journée (9h-17h), 40 agents de l’ambassade, qui n’ont pas vécu les événements du 11 mars, ont dû gérer de façon inopinée une crise fictive dont le scénario était centré sur une éruption massive du mont Fuji et ses conséquences (pluie de cendres sur Tokyo, crash aérien…).

Chaque participant s’est vu attribué un rôle spécifique au sein de la cellule de crise correspondant à celui qu’il devrait assumer en situation réelle. Les différents éléments du scénario furent amenés progressivement par une équipe d’animation chargée d’incarner les différents protagonistes de la crise (autorités locales et françaises, médias, Français en difficulté…).

Cet exercice a nécessité près de 3 mois de préparation et la collaboration de plusieurs services de l’ambassade, dont le service scientifique, le service de sécurité intérieure, ainsi que de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). En outre, 4 pompiers français se sont déplacés à Tokyo pour observer et conseiller les participants à l’exercice.

A cette occasion, l’ambassade a pu tester la résilience du dispositif construit sur son expérience du 11 mars 2011 ainsi que l’efficacité de son dispositif de passation de consignes entre agents, indispensable à la bonne gestion d’une crise de longue durée.

Il a également permis aux participants comme aux observateurs d’en tirer les enseignements suivants :
- recouper les sources pour s’assurer de la véracité d’une information avant d’agir ;
- hiérarchiser les tâches en fonction de leur importance et du degré d’urgence ;
- communications interne et externe sont intimement liées. Si la première fait défaut, la seconde ne pourra être menée efficacement.

De l’avis des différents observateurs présents le 12 mars (BSPP, diplomates européens), l’ambassade de France dispose d’un haut niveau de préparation à la gestion des crises. Néanmoins, son dispositif reste perfectible. C’est pourquoi, elle poursuit encore aujourd’hui ses efforts pour l’améliorer.

3 – Questions relatives aux conséquences de l’accident de Fukushima

Après avoir annoncé la publication du nouveau bulletin d’information pour les Français résidant au Japon de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), le conseiller nucléaire et le conseiller agricole ont répondu aux questions des participants sur les conséquences de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, plus de deux ans après les évènements :

Q : Il y-a-t-il des aliments que l’on ne doit pas consommer ?

R : Les autorités japonaises ont publié les résultats de près de 280 000 contrôles officiels effectués sur les denrées alimentaires produites au Japon pour l’année fiscale 2012/13 (du 1er avril 2012 au 31 mars 2013 ; la synthèse de ces résultats est disponible en ligne en anglais à l’adresse suivante :cliquez ici.

Moins de 1% des résultats obtenus ont révélé des taux de radioactivité supérieurs aux normes autorisées au Japon. Les normes actuellement en vigueur au Japon ont été révisées à la date du 1er avril 2012 (le détail de ces normes et le processus ayant conduit à leur définition est expliqué sur la présentation en anglais du ministère de la santé japonais consultable en ligne à l’adresse suivante : cliquez ici

Certains aliments ont tendance à présenter des concentrations en radionucléides plus élevés. Il s’agit par exemple des viandes de gibier (sanglier en particulier), des champignons, des pousses de bambous ou encore certains produits de la mer pêchés sur les côtes de la préfecture de Fukushima.
Les produits commercialisés doivent respecter la réglementation japonaise en vigueur. Les produits non-conformes ne peuvent pas être commercialisés et des interdictions de distribution sont le cas échéant prononcées par les autorités japonaises. Au-delà des contrôles officiels mis en œuvre par les autorités, les professionnels de l’agroalimentaire et de la distribution ont également mis en place des systèmes de contrôle pour garantir la qualité et la sureté des produits commercialisés.

Q : Quelle est la situation actuelle sur le site de Fukushima Daiichi ?

R : Elle est stable. Les travaux sur la piscine du réacteur n°4, les opérations de sortie du combustible se déroulent comme prévu et le traitement des eaux contaminées est un chantier important.

Q : Fukushima est à l’ordre du jour du prochain G8. Que doit-on en penser ?

R : La communauté internationale s’investit déjà dans la résolution des problèmes causés par l’accident de Fukushima. A l’heure actuelle, elle ne peut réellement faire davantage. Les opérations actuelles de décontamination du site ne nécessitent pas d’apports matériels ou techniques supplémentaires. En revanche, elle aura sans doute un plus grand rôle à jouer lorsque viendra le moment de traiter les cœurs de réacteur fondus, tâche nécessitant des moyens techniques plus importants.

Q : Les autorités japonaises comptent-elles redémarrer les centrales nucléaires ?

R : Les autorités japonaises ont défini de nouvelles règles de renforcement de la sûreté nucléaire pour leurs centrales. Elles entreront en vigueur au plus tard le 18 juillet prochain. En parallèle, les exigences en matière de résistance aux séismes ont été rehaussées. C’est sur ces deux bases nouvelles que la NRA, autorité de sûreté nucléaire japonaise, pourra évaluer l’aptitude des centrales à pouvoir être redémarrée.

4- Exposé des pompiers de Tokyo

Après avoir évoqué succinctement la situation sismique du Japon et notamment les conséquences des tremblements de terre de Kobe et du Tohoku, M. TADA du Département des pompiers de Tokyo, a informé les participants sur les conséquences d’un violent séisme dans la région métropolitaine de Tokyo à partir de 4 scénarios différents. Simulations à l’appui, il a également mis en exergue le danger que représentent les départs d’incendies qui surviennent à la suite d’un violent séisme (ex. Kobe).

Puis, à des fins préventives, M. TADA a énuméré les principales règles à respecter afin de préparer son foyer et ses membres à une catastrophe majeure. Il a ensuite souligné l’importance de l’entraide et de l’action citoyenne dans la gestion de catastrophes majeures. En cas de crise majeure, les pompiers de Tokyo ne pourront lutter sur tous les fronts. Les incidents de moindre importance devront être gérés par des bénévoles, ou toute personne apte et volontaire.

C’est pourquoi le Département des pompiers de Tokyo organise régulièrement des séances d’initiation à l’utilisation du matériel anti-incendie à destination des Tokyoïtes. Il est aussi à l’initiative des jeunes pompiers bénévoles, programme de formation à la prévention et la lutte anti-incendie pour des jeunes volontaires âgés de 6 à 15 ans.

M. TADA a conclu son exposé sur les enseignements tirés des trois plus grands séismes qui ont frappé le Japon depuis 1 siècle.

- le tremblement de terre du Kanto (1923) a fait prendre conscience de la nécessité de mettre en place un dispositif de prévention des désastres ;
- à la suite du tremblement de terre de Kobe (1995) les autorités japonaises ont mis au point des règles et des principes visant à minimiser les pertes humaines ;
- enfin, la tragédie du 11 mars a révélé qu’il peut survenir des catastrophes dépassant toutes prévisions.

Pour voir la présentation des pompiers de Tokyo :
- première partie cliquez ici
- deuxième partie cliquez ici

5.- Questions diverses

Q. (îlotier) : A quoi servent précisément les zones d’évacuation ?

R (M. TADA) : Il existe dans les 23 arrondissements de Tokyo des zones d’évacuation indiquées par un symbole représentant un personnage de couleur verte en position de marche. En cas de violent séisme et/ou d’incendie les habitants évacuent leur logement pour regagner ces points d’évacuation. Si leur logement est intact, ils peuvent y retourner. Autrement ils sont dirigés vers un lieu prévu pour l’hébergement des personnes sinistrées.

Jean-Jacques POTHIER, Consul.

LIENS INTERNET

Site du centre météorologique japonais : tenki

Site du centre de recherches volcaniques de l’Université de Tokyo :
www.eri.u-tokyo.ac.jp

Deux sites animés par des bénévoles du réseau d’îlotage :

*les pages séismes du site france-japon.net, ainsi que son forum.

*Site dédié à la sécurité par M. Consigny :
www.urgences-tokyo.com

dernière modification le 31/03/2014

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