Comité de sécurité - centre de crise (janv. 2014)

COMITE DE SECURITE DU 15 JANVIER 2014

La deuxième réunion semestrielle du Comité de Sécurité s’est tenue le 15 janvier 2014 à l’ambassade sous la présidence de M. François-Xavier LEGER, ministre-conseiller, avec la participation de Jean-Jacques POTHIER, consul, M. Jacques MALEVAL, conseiller scientifique, M. Christophe XERRI, conseiller nucléaire, et M. Thierry SABOT, attaché de sécurité intérieure.

Le comité a rassemblé 82 responsables d’îlots, présidents d’associations, dirigeants d’établissements culturels et d’enseignement, cadres de sociétés. Des représentants de l’ambassade de Suisse et de celle des Etats-Unis au Japon étaient également présents.

M. LEGER a ouvert la séance en indiquant que l’ambassade continue d’actualiser et d’améliorer son plan de sécurité.

Puis il souligne l’importance du travail des îlotiers qui, deux fois par an, procèdent à l’actualisation du fragment de liste consulaire qui leur est confié.

Néanmoins il rappelle que l’action de l’ambassade et des îlotiers vient en complément de celle des autorités locales. Il est primordial de se conformer à leurs consignes en cas de crise majeure.

1 - Bilan des mesures de sécurité

Avec 175 bénévoles les effectifs de notre réseau d’îlotiers sont en augmentation par rapport à la précédente réunion du comité grâce au recrutement de 20 nouveaux volontaires. Cependant, la pénurie de responsables dans des zones pourtant fortement peuplées tels que les arrondissements de Meguro, Minato, Shinjuku ou Shinagawa n’a pas été résorbée malgré de multiples appels à volontaires.

En réponse à certaines questions, les îlotiers peuvent bien évidemment jouer un rôle très actif dans le recrutement des nouveaux volontaires et ne doivent pas hésiter à nous proposer des candidatures que nous examinerons avec le plus grand intérêt. Par ailleurs, il a été décidé de ne plus se limiter au nombre de 3 îlotiers par îlot, limite qui était imposée par un logiciel, et il sera désormais accepté bien volontiers de nouvelles candidatures dans les îlots qui souhaitent renforcer leur équipe.

S’agissant du réseau téléphonique satellitaire Iridium, le taux de participation aux tests a encore baissé et s’établit désormais à un niveau moyen : 64%. Il est rappelé l’importance de ce test qui permet de s’assurer que les équipements sont toujours opérationnels et les détenteurs de téléphones iridium, et plus généralement l’ensemble des îlotiers, sont invités à réfléchir à leur engagement et à passer la main à de nouveaux volontaires s’ils estiment ne plus avoir le temps nécessaire pour assurer leur tâche.

Par ailleurs, les résultats de la campagne de recensement des foyers français au du mois de janvier sont les suivants :

23 îlots sur 99 ont renvoyé à l’ambassade leur liste avec les rectifications. Ce qui aura permis de détecter de nombreux départs du Japon ou de l’îlot non-signalés au consulat et de mettre à jour un nombre important de dossiers

Ce résultat est un peu décevant car on constate une baisse du nombre d’îlots participant aux campagnes de recensement. Menées à grande échelle celles-ci permettraient d’avoir une connaissance plus précise et plus fiable de la communauté française au Japon.

C’est pourquoi chacun est invité à vérifier la réalité de la liste qui lui est remise aujourd’hui et à nous renvoyer les résultats de ses investigations d’ici le 30 avril 2013.

Il faut, par ailleurs, saluer les initiatives régulières des îlots de Shinjuku, Bunkyo, Yokohama ou encore Setagaya qui organisent pour la communauté française et en collaboration avec les autorités locales des journées d’exercice et de formation à la prévention des risques majeurs. Les autres îlotiers sont encouragés à faire de même, avec le soutien de l’ambassade.

Egalement, parallèlement à la réorganisation de l’ilotage, l’équipe consulaire prend en compte vos remarques et suggestions et souhaite continuer travailler avec vous en interactivité. Le plan de sécurité est une tâche collective que l’ambassade doit assurer avec votre contribution et en prenant en compte votre précieuse expérience du terrain.

Enfin, les îlotiers peuvent être assurés que la République a pleinement conscience de leur travail pour la communauté française et sait leur exprimer sa reconnaissance. C’est dans cette perspective que deux d’entre vous ont déjà été promus à l’Ordre National du Mérite et nous espérons que cela se poursuivra dans l’avenir.

2 – Les évolutions du réseau de sécurité

Le réseau de sécurité est en évolution permanente pour s’adapter aux changements de la communauté française au Japon.

3 chantiers ont été réalisés pour ce comité. Nous avons présenté en premier lieu le projet de restructuration des îlots de Setagaya-ku que nous ont soumis les îlotiers de cet arrondissement. Les îlots de Setagaya étaient morcelés ce qui pouvait poser un problème en cas de crise et de vérification sur place de la situation des Français. Les îlotiers ont proposé de ne pas se limiter à une restructuration géographique et ont réfléchi à un meilleur découpage sur une base démographique.

Un regroupement d’îlots a également été réalisé pour les 26 « shi » de la région Ouest de Tokyo. 6 ensemble d’îlots ont été constitué (Tokyo ouest 1 à 6), l’îlot 322 ayant été laissé tout seul. Ce regroupement a permis de répondre à un des problèmes de cette région caractérisée par une faible densité de la communauté française répartie sur une zone très vaste et qui avait peu de volontaires. L’ensemble de la région représente une communauté de près de 354 Français dont la plupart n’étaient pas couverts par le réseau d’îlotage. Grâce à ce regroupement et au recrutement de 6 nouveaux îlotiers pour la région, la presque totalité de la région est désormais assurée par au moins un îlotier. Bien entendu ce projet nécessite d’être éprouvé et pourrait connaître des adaptations suite aux retours que nous feront les acteurs du terrain.

Enfin, un point a également été fait sur la correction des fiches d’îlot. Des îlotiers nous avaient signalé des risques de confusion sur la liste des quartiers desservis par chaque zone d’évacuation. Nous avons donc ajouté le numéro de la zone d’évacuation devant la liste des quartiers. La nouvelle fiche d’îlot sera renvoyée à tous les Français.

- Questions diverses

- Q. Est-ce que l’on pourrait classer les listes par famille plutôt que par nom de famille ? Cela faciliterait les opérations de recensement.

  • R. Si cela convient à la majorité, nous allons donc modifier l’ordre du classement.

- Q. Est-ce que l’on pourrait recevoir le tableau excel plutôt que la version papier ?

  • R. Il faut garder à l’esprit qu’en cas de crise, il est tout à fait possible qu’il y ait une panne de courant. Il sera alors impossible d’accéder aux données informatiques. Nous pouvons généraliser l’envoi des listes par courriel mais il paraît important de conserver la remise papier des listes au début de chaque comité

- Q. Est-ce que l’on pourrait être informé plus régulièrement des changements sur les listes ?

  • R. La liste des Français nouvellement inscrits ou radiés sera désormais envoyé 4 fois par an aux îlotiers.

- Q. Question sur la géolocalisation, l’ambassade avait fait une campagne à ce sujet il y a quelques temps, où en est-on ?

  • R. L’ambassade testait alors un nouveau logiciel conçu localement par un informaticien de l’ambassade qui ne travaille plus au Japon. Ce système s’est révélé trop lourd à gérer, générait des erreurs, et a été abandonné. L’ambassade réfléchit désormais à un nouveau système.

- Q. Est-ce que l’on pourrait inscrire le lieu de travail sur la liste des Français ? Un tremblement de terre peut survenir à n’importe quelle heure de la journée et les personnes ne sont pas forcément chez eux.

  • R. C’est une remarque pertinente et nous vérifierons s’il est possible d’extraire les adresses professionnelles pour les ajouter sur les listes données aux îlotiers.

- Q. Nous avons remarqué que certains mineurs étaient isolés sur les listes. Comment expliquez-vous ce problème et comment pouvez-vous y remédier.

  • R. Il y a de nombreuses explications possibles. Il pourrait s’agir par exemple d’enfants d’un couple divorcé. La situation est à étudier au cas par cas c’est pourquoi il faudra nous signaler ces cas de mineurs isolés, de façon à ce qu’on y remédie.

- Q. Certaines fiches sur le site de l’ambassade sont assez anciennes. Les informations sont-elles toujours à jour ?

  • R. Cela fait partie de notre chantier permanent de révision du plan de sécurité. Ces fiches vont être révisées en priorité.

- Q. Serait-il possible de mettre en ligne les comptes rendu des comités de sécurité des années précédentes ?

  • R. Cela ne pose aucun problème et les comptes-rendus seront mis en ligne très prochainement.

3 – Questions relatives aux conséquences de l’accident de Fukushima

Le conseiller nucléaire, M. Christophe Xerri, a ensuite fait un point sur la situation sur le site de la centrale de Fukushima. Il a présenté les dernières avancées dans la consolidation des réacteurs endommagés. Le réacteur N°1 a été entièrement recouvert. Sur le réacteur n°3 le retrait des débris sur la partie supérieure du bâtiment se fait par télé-opération et est bien avancé. Un mur de protection a été construit pour protéger les ouvriers travaillant à proximité. Le bâtiment du réacteur n°4 a également été recouvert et une structure métallique pour procéder au retrait des combustibles usés de la piscine de refroidissement a été montée. M. Xerri a fait état de l’avancé du retrait des combustibles contenus par la piscine du réacteur n°4 : 132 éléments sur 1533 ont déjà été retirés. Une page spécifique du site web de TEPCO rend compte régulièrement de l’avancement.

TEPCO a installé récemment une deuxième webcam permettant de voir en temps réel la situation sur le chantier.

M. Xerri a ensuite longuement traité du problème des fuites d’eau radioactive sur le site. Il a insisté sur le fait que le problème était complexe mais ne représentait a priori pas de risque pour la santé car les fuites sont probablement plus faibles que ce que l’on pensait l’été dernier et que l’on ne détecte pas de hausse de la radioactivité dans la mer à proximité du rivage.

Les différentes solutions étudiées par TEPCO sont le drainage du sol pour éviter que de trop grandes quantités d’eau traversent la zone contaminée ; l’isolation du terrain, en construisant un mur de protection par congélation du sol qui empêcherait l’eau d’atteindre la mer ; ou encore le nettoyage de certaines zones contaminées pour que l’eau qui ruisselle sous la centrale ne soit pas trop contaminée à sa sortie.

L’exposé s’est terminé sur la question de la dangerosité de la vie à Fukushima. Certaines zones très proches du réacteur restent toujours interdites et risquent de l’être pour encore quelques décennies. Si la zone paraît grande, il s’agit surtout de forêt. La vie dans les villes ne présente pas de danger et les données recueillies par un dosimètre pendant un séjour à Fukushima ne montre pas de différence notable par rapport aux doses absorbées à Tokyo ou Paris. Seuls les passages dans les forêts montrent une augmentation sensible de la radioactivité mais cela reste admissible si le séjour n’est pas prolongé.

Un bref point a également été fait sur la sécurité alimentaire. Pour l’essentiel, il n’y a pas de nouveautés par rapport au précédent comité de sécurité. Les contrôles sont réguliers et les dépassements des normes autorisées sont rares (moins de 1% des cas). Il s’agit dans la majorité des cas de viandes de gibier (sanglier en particulier), des champignons, des pousses de bambous ou encore certains produits de la mer pêchés sur les côtes de la préfecture de Fukushima (et qui ne sont pas commercialisés).

Les produits commercialisés doivent respecter la réglementation japonaise en vigueur. Les produits non-conformes ne peuvent pas être commercialisés et des interdictions de distribution sont le cas échéant prononcées par les autorités japonaises. Au-delà des contrôles officiels mis en œuvre par les autorités, les professionnels de l’agroalimentaire et de la distribution ont également mis en place des systèmes de contrôle pour garantir la qualité et la sureté des produits commercialisés. Si la plupart des produits sont contrôlés par un système d’échantillon, le riz en provenance de la province de Fukushima est testé de façon systématique.

Q. Les poissons circulent dans la mer, est-ce que les poissons pêchés en dehors de Fukushima sont testés ?

  • R. Les poissons de Fukushima ne sont pas encore commercialisés à l’heure actuelle. La pêche en est au stade de l’essai. Les poissons circulent bien évidement dans la mer et la pêche est contrôlée sur l’ensemble du territoire japonais.

Q. Les algues présentent-elles un risque pour la santé ?

  • R. Les tests effectués sur les algues n’ont montré à notre connaissance aucun signe de concentration de nucléides.

4 – Exposé du conseiller scientifique sur le risque sismique

Après un rappel rapide des grands principes du risque sismique, M. Maleval a fait état des probabilités actualisées d’occurrence de séismes au Japon telles qu’elles ont été récemment publiées par les autorités nationales japonaises. La probabilité d’un séisme de magnitude 7 au large du Sud Kanto dans les 30 prochaines années s’élèverait à 70%. Le risque d’un séisme d’une magnitude 8 à 9 dans toute la zone le long de la fosse du Nankai (depuis le Sud Kanto jusque à l’extrémité ouest de Shikoku) est également de 70%. Afin de se préparer à cette éventualité, le Conseil central pour la gestion des désastres a procédé à l’estimation des pertes et des dégâts causés par un séisme de magnitude supérieure à 7. Les résultats ont révélé que même dans une configuration favorable près de 8 millions de personnes seraient immobilisées là où elles se trouveraient et que le rétablissement complet du service (eau, électricité…) prendrait au moins 4 semaines. La capitale serait privée d’électricité pendant 8 jours et d’eau potable pendant 4 jours au moins.

M. Maleval a ensuite abordé d’autres risques potentiels, en particulier l’éruption du Fuji qui pourrait recouvrir la capitale jusqu’à 10 cm de cendres.

Le conseiller scientifique a conclu son exposé sur une brève description des systèmes d’alertes aux séismes et aux tsunamis, ainsi que des normes de construction antisismiques. Il a également rappelé quelques principes de préventions. Il faut ainsi avoir un sac de survie prêt en permanence et avoir 10 jours d’autonomie en eau et nourriture.

Quelques liens internet utiles pour s’informer :

• 地震調査研究推進本部 http://www.jishin.go.jp/main/index.html
Headquarters for Earthquake Research Promotion http://www.jishin.go.jp/main/index-e.html

• 気象庁
http://www.jma.go.jp/jma/index.html
Japan Meteorological Agency
http://www.jma.go.jp/jma/indexe.html

• 東京都防災
http://www.bousai.metro.tokyo.jp/index.html
TMG(Tokyo Metropolitan Government)’s Disaster Prevention Information
http://www.bousai.metro.tokyo.jp/english/index.html

Q. Est-il possible de prévoir les séismes

  • R. A l’heure actuelle il est impossible de prédire quand un séisme se produira. Les systèmes d’alerte actuels se déclenchent une fois que le séisme a déjà eu lieu. Une intensification de l’activité sismique peut annoncer un grand séisme comme elle peut retomber et revenir à une activité normale.

5 – Compte rendu par l’Attaché de sécurité intérieur sur un exercice d’évacuation à Kagoshima en novembre 2013
L’exercice consistait à simuler l’évacuation de l’île de Sakurajima (5.600 habitants) à la suite d’une éruption massive du volcan. Ce dernier qui est un des plus actifs de la planète et qui ne se trouve qu’à quelques kilomètres du centre-ville, fait courir un risque permanent à la population. M. Sabot a présenté et commenté en simultané un film réalisé lors de sa participation à cet exercice en novembre 2013 avec une délégation de l’Ambassade (Ministre-Conseiller, Consul Général, Consul, Conseiller scientifique, Conseiller nucléaire).

Quelques points négatifs observés pendant cet exercice : le scénario est invariable d’une année sur l’autre (pas de test de résilience du dispositif face à l’imprévu), le directeur des opérations de secours (le maire) gère la crise depuis un PC situé au cœur de la crise alors qu’il devrait être dans une zone sécurisée pour pouvoir prendre des décisions opérationnelles quels que soient les évènements.

Les points positifs sont la mobilisation massive de la population chaque année qui va jusqu’à son évacuation quasi-totale. Il faut noter également la participation de tous les services de la ville (police, pompiers,…). Force est de constater que pouvoirs publics et population sont extrêmement bien entrainés à la conduite à tenir en cas d’incident.

6 – Conclusion

En annexe au présent compte-rendu, vous voudrez bien trouver la liste actualisée des foyers français de votre îlot. Je vous serais reconnaissant de me renvoyer, par télécopie ou en annexe de message électronique, l’accusé de réception dûment daté et signé.

Une fois cette formalité accomplie vous pourrez obtenir la version Excel de votre liste en écrivant à volontaires.tokyo-amba@diplomatie.gouv.fr.

La prochaine réunion semestrielle du Comité de sécurité aura lieu à la fin du printemps 2014, mais une convocation pourrait intervenir en fonction des circonstances.

Je vous remercie à nouveau pour votre engagement constant au service de notre communauté et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Jacques POTHIER
Consul

Lien vers les précédents comités de sécurité

dernière modification le 17/07/2014

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