Conférence de presse du Président de la République au G7 à Charlevoix

9 juin 2018

Transcription de la conférence de presse

Bonsoir Mesdames et Messieurs. Je tenais à pouvoir échanger avec vous et rendre compte de ces quelques jours de déplacement, d’abord en visite bilatérale au Canada, et les rencontres en particulier avec le Premier ministre Trudeau, ensuite, ce passage à Québec, et nos échanges avec le Premier ministre Couillard, puis, le G7 qui vient de se tenir durant deux jours, et qui s’est achevé il y a quelques minutes.

Je veux remercier le Premier ministre Trudeau pour l’organisation durant toute cette année des travaux du G7, et l’accueil qui nous a été réservé et l’organisation exemplaire de ce G7 de Charlevoix. Ce G7 ne lève pas tous les désaccords, mais il nous a permis, dans un contexte de tensions que nul n’ignorait, de préserver l’unité sur tous les sujets où elle était possible, en matière d’affaires étrangères, en matière de commerce tout particulièrement, de maintenir à chaque fois le niveau d’ambition que nous voulions avoir sur ces sujets. Et lorsque notre niveau d’ambition n’était pas compatible avec l’unité du groupe, d’accepter d’avoir une dissidence ; c’est ce qui s’est passé sur le sujet du climat, qui est le seul sujet, « climat et océans », sur lequel il y a eu une position à six, tenue par les membres du G7, et une position américaine à part.

Ce qui n’est pas une nouveauté, puisque c’est déjà la situation à laquelle nous avions été confrontés, je le rappelle, à Hambourg, où il y avait eu une déclaration à 19, versus 1. Et donc à ce titre, cette situation n’était pas acquise, et je considère que la méthode que nous avons décidé d’adopter durant ces derniers jours a été fructueuse. En effet, la volonté d’afficher très clairement notre ambition, et le fait que nous n’étions pas prêts à dégrader nos positions réaffirmées l’année dernière à Taormina, en particulier en matière commerciale, a permis d’avoir un résultat pour ce G7 qui est plus favorable que celui auquel on pouvait s’attendre.

À ce titre, à mes yeux, le front uni européen a été décisif sur les sujets commerciaux, comme sur les sujets politiques. Cette réunion, que nous avons organisée avec l’ensemble des pays européens (juste avant le début du G7, sur place), a permis d’arrêter une position commune forte, une convergence très claire, à côté de laquelle le Japon et le Canada ont pris position, et ainsi d’obtenir ces changements. Sur le commerce, premier sujet avec l’économie mondiale que nous avons évoquée hier, et qui a donné lieu à des échanges directs, y compris hier soir et pour les derniers ce matin, nous avons une déclaration qui permet de rappeler les principes et les fondamentaux auxquels nous tenons.

D’abord, le fait que nous tenons à un commerce mondial qui doit respecter les règles internationales, la déclaration le fait bien figurer, c’est-à-dire les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, et je pense qu’il était essentiel de le rappeler dans le contexte contemporain. Ensuite, notre attachement collectif à poursuivre des accords commerciaux, qui permettent d’améliorer le commerce mondial, tout en respectant les préférences collectives de chacun, et donc, ce faisant, n’encourageant aucune pratique non-coopérative, et nous avons fait adopter la mention explicite d’une réforme nécessaire de l’organisation Mondiale du Commerce, qui est ce pourquoi la France avait plaidé, il y a quelques jours, lors de la conférence de l’OCDE.

En effet, la réponse aux dysfonctionnements contemporains sur le plan commercial, c’est d’avoir un G20 et une OMC plus efficaces, ça n’est pas d’avoir un repli national. Et c’est la philosophie que porte ce texte, avoir une OMC plus efficace, ce qui veut dire aller vers une résolution des conflits beaucoup plus rapide et plus efficace, et une modernisation de nos instruments commerciaux, qui n’ont pas été changés en profondeur depuis 1994. Et il y a un engagement de tous les pays qui étaient présents pour œuvrer en ce sens, ce dont je me félicite. J’ai pu voir le directeur général de l’OMC lors de la conférence de l’OCDE, et nous allons œuvrer en ce sens pour avancer. J’ai d’ailleurs proposé d’accueillir une conférence conjointe avec la Chine, les États-Unis, le Japon et les pays européens, pour aller en ce sens et moderniser notre organisation commerciale internationale, pour la rendre plus efficace.

Ceci est une déclaration, elle correspond au niveau d’ambition que nous souhaitions, et il était clair pour les Européens que nous n’aurions pas accepté une déclaration qui ne fasse pas référence à cet ordre international commercial, à l’OMC et aux principes que nous avions déjà défendus à Taormina. Néanmoins, une déclaration n’efface pas tous les désaccords. Et cette déclaration, elle ne lève pas les mesures qui ont été prises ces derniers jours et ces dernières semaines, et il ne s’agirait en aucun cas d’être naïf. Mais nos échanges ont aussi permis, je crois, de clarifier la situation, et nous avons eu, en particulier avec le président TRUMP, hier, un échange extrêmement direct sur les perceptions réciproques de nos relations commerciales.

J’ai ainsi pu rappeler que ça n’est pas l’Union européenne qui est fermée aux États-Unis aujourd’hui, aux produits américains, il y a 330 lignes tarifaires américaines contre 45 qui viennent de l’Union européenne, ces lignes tarifaires, ce sont les tarifs les plus élevés de nos relations bilatérales. Et sur de nombreux biens et services, il y a aujourd’hui des tarifs qui restent très élevés côté américain, ce qui ne correspond pas à la réalité souvent… enfin, en tout cas, aux propos souvent répétés par l’administration américaine. Et donc ceci a mis en lumière la nécessité d’avoir un travail sur les faits, exhaustif, partagé, entre l’Union européenne et les États-Unis.

Ces dernières semaines et ces derniers mois, des mesures unilatérales ont été prises, parfois à la lumière de situations qui n’étaient pas dûment renseignées, et qui n’avaient pas fait l’objet d’échanges suffisants. Notre souhait, et ce sur quoi nous nous sommes engagés, c’est de pouvoir, en particulier sur le sujet de l’automobile, avoir des échanges contradictoires de part et d’autre, pour lever les doutes ou incompréhensions. En tout état de cause, cette déclaration acte du fait qu’on ne peut résoudre des déséquilibres commerciaux mondiaux par des mesures protectionnistes, et par la fragmentation de l’ordre mondial commercial.

La réponse, elle est dans la coopération commerciale internationale. Et elle est dans notre capacité à traiter des grands sujets structurants que sont nos défis, en particulier, la lutte contre le pillage de la propriété intellectuelle, et le traitement de certaines surcapacités qui existent dans certains marchés, c’est ce que cette déclaration rappelle aussi par une meilleure coordination et organisation des pays du G7. Les prochains mois donneront lieu à des discussions plus approfondies, à un travail.

Et donc je ne considère pas que cette déclaration soit, de quelque manière que ce soit, un point d’aboutissement, mais elle est une étape qui nous permet de réaffirmer ce que nous souhaitions et qui évite des divergences supplémentaires.

Sur les sujets de sécurité collective et de paix, là aussi, nous avons pu avoir une déclaration qui prend en compte plusieurs des principes que nous partageons, et aussi plusieurs des initiatives que la France a portées ces dernières semaines. Sur la Syrie, nous avons une communauté de vues et une volonté, non seulement de finaliser évidemment la lutte contre le terrorisme islamiste, de lutter contre l’utilisation des armes chimiques, mais également d’aller vers une solution politique inclusive, qui permette la stabilité politique de la Syrie qui est – comme vous le savez – la position que la France poursuit depuis un an, et sur laquelle, nous avons avancé ces dernières semaines, en particulier avec la Russie et Israël.

Sur justement l’utilisation des armes, nous avons signé une déclaration conjointe qui soutient les initiatives que nous portons, en particulier d’ailleurs avec les États-Unis d’Amérique, pour aller plus loin, réhabiliter un mécanisme d’attribution des attaques chimiques qui est inopérant depuis le mois de novembre 2017,

et prendre des initiatives concrètes en la matière. Nous avons également acté d’un soutien unanime pour la lutte contre le financement du terrorisme, actant des conclusions de la conférence de Paris sur ce sujet il y a quelques semaines.

Sur la Libye, nous avons collectivement acté, là aussi, des avancées obtenues il y a quelques jours à Paris, et en particulier d’un engagement de tous pour obtenir des élections en Libye avant la fin de l’année, selon un processus et un engagement de toutes les parties, qui avaient été affirmés lors de leur présence à Paris. Enfin, sur la Corée du Nord, nous avons discuté longuement de la situation hier soir, en particulier à la lumière des échanges que nous avons pu avoir avec Shinzo Abe, le Premier ministre japonais. Le président Trump nous a quittés pour rejoindre Singapour où se tiendra le 12 juin prochain une discussion importante avec le dirigeant coréen du Nord.

Nous avons apporté notre soutien à cette initiative, dont la finalité – je le rappelle – est une dénucléarisation de la péninsule coréenne ; c’est un travail essentiel, là aussi, à la fois pour la stabilité régionale, mais la lutte collective que nous soutenons pour lutter contre les pouvoirs nucléaires non coopératifs, c’est le même esprit qui a alimenté la déclaration que nous avons collectivement signée sur l’Iran ; je pourrais sur ces points répondre plus longuement aux questions qui sont les vôtres, mais nous avons obtenu sur ces sujets d’importance un consensus qui permet, là aussi, d’avoir à 7 des positions communes.

La journée d’aujourd’hui a été consacrée à d’autres sujets extrêmement importants sur lesquels la présidence canadienne s’était fortement engagée, en particulier, l’égalité femmes/hommes et les sujets climatiques, et tout particulièrement l’initiative prise sur les océans. Sur l’égalité femmes/hommes je veux ici saluer l’engagement canadien qui a été d’avoir une approche transversale de ce sujet, et plutôt qu’avoir une session ad hoc, de considérer que toutes nos politiques, tous nos engagements devaient être évalués, en tout cas, regardés à la lumière de cette question.

Et j’ai souhaité, pour la présidence que la France prendra l’année prochaine du G7, poursuivre cette initiative, d’une part, en pérennisant le Conseil consultatif pour l’égalité femmes/hommes dans son principe, et d’autre part, en demandant à ce que nous ayons un processus d’évaluation et de transparence sur les engagements pris aujourd’hui en la matière pour que nous puissions clairement, non seulement évaluer ce que chacun a fait, mais comparer aussi nos situations respectives, dans un esprit d’amélioration conjointe et d’échanges de bonnes pratiques.

Pour ce qui concerne les pays du G7 eux-mêmes, nous nous sommes fortement engagés, et avons échangé nos expériences en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, la France – comme vous savez – est fortement engagée sur ce sujet avec une loi qui est en cours de discussion au Parlement, mais également en matière de lutte contre le harcèlement sur Internet et toutes les formes de harcèlements physiques ou numériques.

Ce sujet continuera à être une de nos priorités, qu’il s’agisse d’ailleurs du harcèlement à l’égard des femmes ou des adolescents et adolescentes, des minorités, en particulier, LGBT, nous avons eu une longue discussion sur ce point, et nous avons besoin d’un engagement de la communauté internationale pour lutter contre toutes ces formes de harcèlements. C’est quelque chose que nous avions fortement poussé l’année dernière avec Theresa May, que nous avons encore souligné aujourd’hui.

Il faut à la fois un engagement international, un engagement de la société civile pour sensibiliser toutes les opinions publiques, une pression accrue sur les GAFAM, mais également la capacité que nous devons nous donner, je pense en particulier au niveau européen, à légiférer sur ce point et à créer des systèmes de responsabilité, des plateformes et des réseaux sociaux en la matière. Ce sujet est essentiel, et un fort engagement a été partagé.

Sur le sujet de l’égalité femmes/hommes, c’est sur l’éducation des jeunes filles que nous avons également concentré notre discussion, en particulier pour les pays les plus pauvres ou les pays on voie de développement. Sur ce sujet, c’est l’un des sept engagements qui avaient été voulus par la présidence canadienne, et que nous avons finalisé, nous avons engagé des financements pour l’éducation des jeunes filles en zone de guerre et zone de conflit, et la France a tenu évidemment à apporter sa contribution à cet engagement collectif, qui s’inscrit en continuité avec l’engagement que nous portons depuis le mois de septembre dernier, puisque, comme vous le savez, l’éducation des jeunes filles est une des priorités de la France en matière d’aide publique au développement.

C’est d’ailleurs ce pourquoi nous avions décidé, en début d’année, de co-présider avec le Sénégal, les levées de fonds pour le Partenariat mondial pour l’éducation, qui avaient permis justement de mobiliser 2,3 milliards de dollars pour le sujet de l’éducation, et tout particulièrement de l’éducation des jeunes filles. La France ayant plus que multiplié par 10 son engagement en le portant à 200 millions d’euros, et la France ayant décidé d’ailleurs de mobiliser 50 % de ses financements d’aide publique au développement vers la lutte contre l’inégalité femmes/hommes.

Ce sujet de l’éducation des jeunes filles est un sujet très important sur lequel les engagements pris par les pays du G7 à l’égard justement des pays en voie de développement ou des pays pauvres, et je pense tout particulièrement aux pays du Sahel. Je veux aussi ici redire tout le soutien que nous apportons aux pays qui, courageusement, mènent des réformes en la matière, et j’ai pu, pour ma part, rappeler ce matin l’engagement de la France, et mon souhait qu’il y ait un engagement collectif du G7 pour soutenir les réformes courageuses entreprises par le Niger qui, durant ces dernières années, a mené une transformation profonde dans son pays à lutter contre les mariages forcés et à améliorer l’éducation des jeunes filles et aussi un meilleur contrôle démographique, qui est essentiel, et c’est un sujet dont on doit parler sans tabou et dont parle d’ailleurs le président Issoufou avec beaucoup de courage.

Mais j’ai également tenu à souligner le nécessaire soutien de la communauté internationale pour accompagner les réformes de la Tunisie, et j’ai salué, sur ce sujet, l’engagement du président Essebsi qui, avec beaucoup de courage, dans son pays, porte un modèle de développement et de choix politique, et je crois que ce pays, suite au printemps arabe, est sans doute celui qui incarne le mieux ce renouveau, le président Essebsi, avec courage, a porté deux textes de loi, sur le droit à hériter librement pour les femmes, et la liberté devant le mariage, et je souhaite que nous puissions collectivement nous engager sur le plan bilatéral au maximum pour soutenir la Tunisie dans ses réformes et dans le contexte très difficile qu’elle est en train de vivre, parce qu’avoir un dirigeant courageux à ce point, qui lutte sur le terrain de manière active pour l’égalité femmes/homme était, là aussi, essentiel a rappeler.

Sur les sujets climatiques, nous avons obtenu, sur toute la déclaration en matière d’énergie, un consensus à 7. Il a été choisi ensuite de retenir une déclaration signée par 6 pays et d’accepter un dissensus américain sur les sujets climatiques, comme je vous le disais, comme ça avait été le cas, il y a quelques mois, à Hambourg pour le G20, en raison de la référence à l’accord de Paris, et parce que les 6 autres pays tiennent à cette référence et ne souhaitaient aucun compromis en la matière.

Cette déclaration du G7, signée par 6 State membres sur le climat, a réitéré cet engagement, mais a aussi soutenu plusieurs initiatives lancées par la France, en particulier, le One Planet Summit, et les initiatives qui ont conduit à la mobilisation de plusieurs États membres, y compris d’ailleurs, je tiens ici à le souligner, des États fédérés américains qui étaient présents au One Planet Summit, qui se sont fortement engagés et sont à la pointe de l’engagement contre le réchauffement climatique, je pense tout particulièrement à la Californie.

Nous avons également eu une longue discussion sur le sujet des océans, à la fois la mobilisation contre l’érosion côtière, la mobilisation pour réguler les pêches et évidemment, la lutte contre le réchauffement climatique, qui est clé en matière d’équilibre des océans, mais également, un engagement très fort pour lutter contre les plastiques, avec, là-dessus, un engagement qui permet d’élargir au niveau du G7 ce que l’Europe a déjà porté, ce que la France s’applique à elle-même, c’est-à-dire, en se donnant un objectif pour 2030 d’avoir 100 % de recyclables, ce qui est la clé pour éviter la production de nouveaux déchets plastiques dans un contexte où, aujourd’hui, l’océan qui nous sépare de la France est aujourd’hui envahi par le plastique, nous l’avons rappelé durant la discussion.

Il y a à peu près l’équivalent de la superficie française dans le simple océan Atlantique en matière plastique. Et donc si nous n’agissons pas à la fois pour éradiquer les matières existantes et traiter le sujet, mais aussi pour prévenir la production nouvelle, nous allons créer un véritable drame écologique et environnemental, sachant que l’essentiel de ces matières plastiques ont été produites durant les 15 dernières années. Cet engagement, c’est un engagement collectif vis-à-vis de nos industries, c’est celui que l’Union européenne, et en particulier, la France, ont déjà pris mais qui permet un élargissement et une détermination collective. Et je crois qu’il était essentiel que nous puissions à la fois échanger, mais agir sur ce sujet, et la discussion avec plusieurs pays, à la fois, l’Union africaine, sa présidence, plusieurs pays africains, plusieurs pays de la zone Caraïbes et de la zone Pacifique, a permis un échange fructueux, ainsi que la présence du président Macri, qui a souhaité pouvoir relayer cette ambition dans le cadre du G20, qu’il aura à présider à l’automne.

Je pourrais, là aussi, sur ce sujet, revenir sur tous les point que vous souhaitez détailler, mais je considère que les deux sujets d’aujourd’hui : égalité femmes/hommes, « climat, océans » ont permis de bonnes discussions et des avancées.

Au total, ce G7, comme je le disais, a permis, d’une part, d’illustrer l’efficacité d’un front européen. Et je considère qu’il est essentiel pour l’Europe d’agir ensemble, d’œuvrer pour définir avant ce rendez-vous à un consensus fort, et éviter les divergences. Ensuite, de lever des malentendus profonds et des erreurs factuelles qui étaient faites sur les débats que nous avons aujourd’hui en matière de commerce, et d’éviter toute divergence supplémentaire, plutôt d’œuvrer à un apaisement ; nous verrons s’il est durable, sur beaucoup de sujets de tension.

Pour toutes ces raisons, je considère que ce G7 a été un travail utile de coordination et a permis de remplir son rôle qui est précisément de coordonner les 7 puissances autour de la table, y compris dans les temps où il peut y avoir des désaccords. C’est la France qui prendra donc pour l’année prochaine la présidence de ce G7, j’ai eu l’occasion de le dire, nous reprendrons quelques-unes des thématiques sur lesquelles un suivi s’impose pour être pleinement efficaces. Nous aurons également à présenter en début d’année prochaine nos propres priorités.

Ce G7 sera organisé à l’été 2019 par la France, et se tiendra dans la belle ville de Biarritz, où le maire a accepté de nous accueillir et où nous serons donc fiers d’accueillir, non seulement l’ensemble des pays membres du G7, mais également les organisations européennes et l’ensemble des organisations internationales, comme des pays qui seront invités à la séance élargie.

Je vous remercie. Je vais maintenant répondre à toutes vos questions.

G7 - Communiqué

Nous, chefs d’État et de gouvernement du G7, nous sommes réunis à Charlevoix, au Québec, les 8 et 9 juin 2018, guidés par nos valeurs communes de liberté, de démocratie, d’état de droit et de respect des droits de l’Homme et notre détermination à promouvoir un ordre international fondé sur des règles de droit. En tant que dirigeants d’économies avancées et de grandes démocraties, nous sommes tous fermement déterminés à investir dans les femmes et les hommes, à satisfaire les besoins de nos concitoyens et à relever les défis mondiaux. Nous proclamons collectivement notre ferme détermination à parvenir à un environnement, un air et une eau propres. Nous sommes résolus à agir ensemble pour permettre un avenir sain, prospère, durable et juste pour tous.

Investir dans une croissance qui profite à tous

Nous avons la responsabilité commune d’agir ensemble pour stimuler une croissance économique durable qui profite à tous, et en particulier aux personnes les plus susceptibles d’être marginalisées. Nous saluons l’apport des changements technologiques et de l’intégration mondiale à la reprise économique mondiale et à l’augmentation de la création d’emplois. La situation économique mondiale continue de s’améliorer, mais un nombre insuffisant de nos concitoyens ont bénéficié de cette croissance économique. Si la résilience aux risques s’est améliorée au sein des économies de marché émergentes, les récentes évolutions des marchés nous rappellent nos vulnérabilités potentielles. Nous continuerons de suivre les évolutions des marchés et d’utiliser tous les instruments d’action pour encourager une croissance forte, durable, équilibrée et solidaire qui engendre une prospérité largement partagée. Nous réaffirmons nos engagements en matière de détermination des taux de change. Nous nous engageons à promouvoir des investissements connectés, durables et de qualité, notamment dans les infrastructures, afin de stimuler la croissance et la productivité et de créer des emplois de qualité. La croissance économique est indispensable pour améliorer le niveau de vie. Nous reconnaissons également que la production économique seule est insuffisante pour mesurer la réussite et qu’il est important de suivre d’autres indicateurs économiques et sociaux pour apprécier la prospérité et le bien-être. Nous sommes déterminés à supprimer les obstacles qui empêchent nos concitoyens, notamment les femmes et les personnes marginalisées, de prendre part pleinement à l’économie mondiale. Nous adoptons L’engagement de Charlevoix pour l’égalité et la croissance économique, qui renforce notre détermination à éliminer la pauvreté, à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes, à promouvoir l’égalité de revenus, à garantir un meilleur accès aux ressources financières, et à offrir à tous un travail décent et une qualité de vie satisfaisante.

Pour veiller à ce que chacun paie sa juste part, nous échangerons sur nos approches et soutiendrons les efforts internationaux visant à permettre des systèmes fiscaux justes, progressifs, efficaces et efficients. Nous continuerons de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales en encourageant la mise en œuvre mondiale de normes internationales et en luttant contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Les effets de la numérisation de l’économie sur le système fiscal international demeurent une question essentielle. Nous saluons le rapport intérimaire de l’OCDE qui analyse les effets de la numérisation de l’économie sur le système fiscal international. Nous sommes déterminés à travailler ensemble pour parvenir à une solution de consensus d’ici à 2020.

Nous reconnaissons que le commerce et l’investissement libres, équitables et mutuellement bénéfiques, tout en produisant des bénéfices réciproques, sont des facteurs clés de la croissance et l’emploi. Nous réaffirmons notre attachement aux conclusions du Sommet du G20 de Hambourg sur les échanges commerciaux, soulignons en particulier le rôle indispensable d’un système commercial international fondé sur des règles et continuons de lutter contre le protectionnisme. Nous soulignons qu’il est important que les accords bilatéraux, régionaux et plurilatéraux soient ouverts, transparents, globaux et conformes aux exigences de l’OMC, et nous nous engageons à œuvrer pour veiller à ce qu’ils complètent les accords commerciaux multilatéraux. Nous nous engageons à moderniser l’Organisation mondiale du commerce pour la rendre plus juste le plus rapidement possible. Nous nous efforçons de réduire les barrières tarifaires et non tarifaires et les subventions.

Nous agirons ensemble pour faire respecter les règles internationales existantes et élaborer de nouvelles règles le cas échéant, pour favoriser des règles de concurrence vraiment équitables, en luttant notamment contre les politiques et les pratiques non axées sur le marché et en remédiant à la protection inadaptée des droits de propriété intellectuelle comme les transferts de technologie forcés ou les vols permis par l’informatique. Nous appelons à lancer cette année des négociations pour élaborer des règles internationales plus fortes sur les subventions industrielles qui faussent la concurrence et les actions de distorsion du marché par des entreprises publiques. Nous appelons également les membres du Forum mondial sur les surcapacités de production d’acier à mettre en œuvre intégralement et rapidement ses recommandations. Nous soulignons qu’il est urgent de mettre un terme aux surcapacités de production dans d’autres secteurs, comme l’aluminium et les technologies de pointe. Nous appelons le Groupe de travail international sur les crédits à l’exportation à élaborer dès que possible en 2019 un nouvel ensemble de principes directeurs pour les crédits à l’exportation soutenus par l’État.

Pour encourager la croissance et une participation équitable, qui profitent à tous, et pour assurer à nos concitoyens des vies saines et productives, nous nous engageons à soutenir des systèmes de santé forts et durables qui permettent l’accès à des soins de qualité à un coût abordable, et nous sommes déterminés à accorder une plus grande attention à la santé mentale. Nous encourageons les efforts pour promouvoir et protéger la santé et le bien-être des femmes et des adolescentes grâce à des soins de santé fondés sur les données scientifiques et grâce à des informations en matière de santé. Nous reconnaissons le rôle essentiel de l’Organisation mondiale de la santé dans les situations d’urgence sanitaire, notamment grâce au Fonds de réserve pour les situations d’urgence et au Mécanisme de financement d’urgence pour la lutte contre les pandémies de la Banque mondiale, et soulignons que ces dispositifs doivent encore être améliorés et qu’ils nécessitent en permanence des financements durables. Nous réaffirmons notre engagement à aider nos 76 partenaires à améliorer l’application du Règlement sanitaire international, notamment grâce à la mise en place de plans d’action nationaux chiffrés et à l’utilisation de diverses sources de financement et de ressources provenant d’acteurs multiples. Nous coordonnerons nos efforts mondiaux pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens et en ferons une priorité, dans le cadre d’une approche « une seule santé ». Nous intensifierons nos efforts pour éliminer la tuberculose et ses formes résistantes. Nous réaffirmons notre détermination à œuvrer avec nos partenaires pour éradiquer la poliomyélite et gérer efficacement la période de transition suivant son éradication. Nous affirmons notre soutien à la réussite de la reconstitution des ressources financières du Fonds mondial en 2019.

Les financements publics, notamment l’aide publique au développement et la mobilisation de ressources nationales, sont nécessaires pour progresser vers la réalisation des Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030, mais ne suffisent pas à soutenir la croissance économique et le développement durable qui sont nécessaires pour sortir toutes les populations de la pauvreté. En conséquence, nous avons adopté l’Engagement de Charlevoix sur les financements innovants pour le développement, afin d’encourager la croissance économique dans les économies en développement et de permettre une plus grande égalité des chances au niveau national et international. Nous continuerons d’investir dans des infrastructures de qualité en libre accès. Compte tenu de l’augmentation du niveau de la dette des pays à faibles revenus et de l’importance de la soutenabilité de la dette, nous appelons à une plus grande transparence en matière de dette, non seulement de la part des pays débiteurs à faibles revenus, mais également de la part des prêteurs souverains émergents et des créanciers du secteur privé. Nous soutenons les travaux en cours du Club de Paris, principale enceinte internationale de restructuration de la dette bilatérale officielle, en vue d’une plus grande intégration des créanciers émergents. Nous sommes conscients de l’intérêt d’une aide humanitaire et au développement qui encourage une plus grande égalité des chances et l’égalité entre les femmes et les hommes, et privilégie les plus vulnérables, et nous continuerons d’œuvrer pour élaborer des modèles de financement innovant pour veiller à ce que personne ne soit oublié.

Se préparer aux emplois de demain

Nous sommes déterminés à veiller à ce que tous les travailleurs aient accès aux compétences et à la formation nécessaires pour prospérer et s’adapter au nouveau monde du travail induit par l’innovation et les technologies émergentes. Nous encouragerons l’innovation auprès des générations actuelles et futures de travailleurs grâce à une culture de l’apprentissage tout au long de la vie. Nous renforcerons l’enseignement et la formation axés sur le marché, en particulier pour les filles et les femmes dans les domaines de la science, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Nous reconnaissons qu’il est nécessaire de supprimer les obstacles à l’accès des femmes à des postes décisionnels et à des possibilités égales de participation à tous les domaines du marché du travail, notamment en mettant fin aux violences, à la discrimination et au harcèlement sur le lieu de travail et dans la vie courante. Nous réfléchirons à des approches innovantes de l’apprentissage et de la formation professionnelle, ainsi qu’à des possibilités de mobiliser les employeurs et d’améliorer l’accès à la formation en entreprise.

Nous rappelons qu’il est important d’agir pour rendre les systèmes de protection sociale plus efficaces et plus efficients et mettre en place des conditions de travail de qualité pour les travailleurs, notamment pour ceux occupant des emplois atypiques. Développer la communication et la coopération entre les pouvoirs publics, les entreprises, les partenaires sociaux, les établissements de formation et les autres acteurs concernés sera indispensable pour préparer les travailleurs à s’adapter et à réussir dans le nouveau monde du travail. Pour concrétiser les bénéfices de l’intelligence artificielle, nous adoptons la Vision commune de Charlevoix sur l’avenir de l’intelligence artificielle. Nous reconnaissons qu’une approche de l’intelligence artificielle centrée sur l’humain a le pouvoir de nous fournir de nouvelles sources de croissance économique, d’apporter des bénéfices considérables à nos sociétés et de nous permettre de relever certains des défis les plus urgents.

Promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation des femmes

Nous sommes conscients du fait que l’égalité entre les femmes et les hommes est indispensable au respect des droits de l’Homme et est une nécessité économique et sociale. Les inégalités entre les femmes et les hommes perdurent toutefois, malgré des décennies d’engagements internationaux pour supprimer ces différences. Nous continuerons d’agir pour supprimer les obstacles à la participation et à la prise de décisions des femmes dans les domaines politiques, économiques et sociaux, ainsi que pour accroître les possibilités de tous de participer de manière égale à tous les domaines du marché du travail. Nos actions permettront d’encourager la pleine participation économique des femmes en œuvrant pour réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes, en soutenant les femmes chefs d’entreprise et entrepreneurs et en reconnaissant la valeur du travail non rémunéré des aidants.

L’égalité d’accès à une éducation de qualité est essentielle pour parvenir à l’autonomisation des filles et des femmes et leur offrir des chances égales, en particulier dans les zones en développement et dans les pays en proie à un conflit. Par la Déclaration de Charlevoix pour une éducation de qualité des filles, des adolescentes et des femmes dans les pays en développement, nous prouvons notre détermination à renforcer les possibilités d’accès de tous à une éducation sûre et de qualité pour au moins 12 ans et à supprimer les obstacles à une éducation de qualité pour les filles et les femmes, notamment en situation d’urgence et dans les États fragiles ou en proie à un conflit. Nous sommes conscients du fait que les filles marginalisées, par exemple celles en situation de handicap, se heurtent à des obstacles supplémentaires pour accéder à l’éducation.

Promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et mettre un terme aux violences faites aux filles et aux femmes profite à tout le monde et est une responsabilité commune dans laquelle tous, notamment les hommes et les garçons, doivent jouer un rôle essentiel. Nous adoptons l’Engagement de Charlevoix à mettre un terme aux violences, aux mauvais traitements et au harcèlement sexuels et sexistes dans les environnements numériques et sommes résolus à mettre un terme à toutes les formes de violence sexuelle et sexiste. Nous œuvrons pour un avenir dans lequel les droits de l’Homme sont protégés de la même manière hors ligne et en ligne, et dans lequel tout le monde disposera des mêmes possibilités de participation à des actions politiques, sociales, économiques et culturelles.

Bâtir un monde plus sûr et plus pacifique

Nous partageons la responsabilité de bâtir un monde plus pacifique et plus sûr, tout en reconnaissant que le respect des droits de l’Homme, l’état de droit et l’égalité des chances sont nécessaires pour assurer une sécurité durable et une croissance économique profitant à tous. Les enjeux mondiaux de sécurité auxquels nous sommes confrontés sont complexes et mouvants et nous sommes déterminés à agir ensemble pour combattre le terrorisme. Nous accueillons avec satisfaction les conclusions de la conférence internationale sur la lutte contre le financement du terrorisme organisée à Paris les 25 et 26 avril 2018. Les combattants terroristes étrangers doivent rendre compte de leurs actions devant la justice. Nous sommes déterminés à combattre les utilisations de l’internet à des fins terroristes, y compris comme outil de recrutement, de formation, de propagande et de financement, et en travaillant avec des partenaires tels que le Forum mondial de l’internet contre le terrorisme. Nous soulignons qu’il est important de prendre des mesures concrètes pour éradiquer la traite des êtres humains, le travail forcé, le travail des enfants et toutes les formes d’esclavage, y compris l’esclavage moderne.

Reconnaissant que des pays fonctionnant de manière plus égalitaire sont aussi plus stables, plus pacifiques et plus démocratiques, nous sommes déterminés à renforcer la mise en œuvre du Programme pour les femmes, la paix et la sécurité. Les mesures tenant compte des disparités entre les sexes et notamment la participation des femmes et les perspectives de prévention et d’éradication du terrorisme sont essentielles pour parvenir à des résultats réels et durables, assurer leur protection contre les violences sexuelles et sexistes et empêcher d’autres abus et violations des droits de l’Homme.

Nous nous engageons à prendre des mesures concertées pour réagir face aux acteurs étrangers qui cherchent à fragiliser nos sociétés et nos institutions démocratiques, nos processus électoraux, notre souveraineté et notre sécurité, comme énoncé dans l’Engagement de Charlevoix pour la protection de la démocratie contre les menaces étrangères. Nous reconnaissons que ces menaces, en particulier celles qui émanent d’acteurs étatiques, ne pèsent pas seulement sur les pays du G7, mais aussi sur la paix et la sécurité internationales, ainsi que sur l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous appelons les autres États à se joindre à nous pour lutter contre ces menaces croissantes, en renforçant la résilience et la sécurité de nos institutions, de nos économies et de nos sociétés, et en prenant des mesures concertées pour identifier ceux qui pourraient nous nuire et leur demander des comptes.

Nous continuons d’exhorter la Corée du Nord à démanteler toutes ses armes de destruction massive de manière complète, vérifiable et irréversible (ADM) et missiles balistiques ainsi que ses programmes et installations connexes. Nous prenons acte des évolutions récentes, notamment de l’annonce faite par la Corée du Nord d’un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques, de l’engagement de dénucléarisation pris le 27 avril dans la déclaration de Panmunjom sous réserve d’une mise en œuvre totale et de la fermeture apparente du site d’essais nucléaires de Punggye-ri le 24 mai, mais nous rappelons l’importance d’une dénucléarisation totale. Le démantèlement de l’ensemble de ses ADM et missiles balistiques permettra un avenir plus constructif pour l’ensemble des habitants de la péninsule coréenne et offrira une chance de prospérité au peuple de la Corée du Nord qui souffre depuis trop longtemps. Cependant, il faut faire davantage et nous appelons tous les États à maintenir de fortes pressions, notamment par la mise en œuvre totale des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour exhorter la Corée du Nord à changer de cap et à prendre des mesures décisives irréversibles. Dans ce contexte, nous appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter les droits de l’Homme de ses habitants et à régler immédiatement le problème des enlèvements.

Nous demandons instamment à la Russie de cesser son comportement déstabilisateur qui fragilise les systèmes démocratiques, ainsi que son soutien au régime syrien. Nous condamnons l’attentat au gaz neurotoxique de niveau militaire commis à Salisbury (Royaume-Uni). Nous sommes d’accord avec l’évaluation du Royaume-Uni selon laquelle il est très probable que la Fédération de Russie porte la responsabilité de cet attentat et qu’il n’existe pas d’autre explication plausible. Nous appelons instamment la Russie à honorer ses obligations internationales et ses responsabilités de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies en préservant la paix et la sécurité internationales. Cependant, nous continuerons de dialoguer avec la Russie pour régler les crises régionales et relever les défis mondiaux lorsque nos intérêts sont en jeu. Nous réaffirmons notre condamnation de l’annexion illégale de la Crimée et notre soutien constant à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues. Nous restons déterminés à aider l’Ukraine à mettre en œuvre son programme de réformes nécessaire et ambitieux. Nous rappelons que le maintien des sanctions est clairement déterminé par l’incapacité de la Russie à démontrer la mise en œuvre complète de ses engagements pris dans le cadre des accords de Minsk et le respect de la souveraineté de l’Ukraine ; nous soutenons sans réserve les efforts déployés dans le cadre du Format Normandie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de trouver une solution au conflit en Ukraine orientale. Si ses actions le rendent nécessaire, nous sommes également prêts à prendre d’autres mesures de restriction afin d’augmenter le coût pour la Russie. Nous restons déterminés à soutenir la société civile russe et à dialoguer et investir dans des relations interpersonnelles.

Nous condamnons fermement la brutalité meurtrière de Daech et son oppression des populations civiles se trouvant sous son contrôle. Nous restons déterminés, en tant que communauté internationale, à éradiquer Daech et son idéologie odieuse. En Syrie, nous condamnons également l’utilisation répétée et moralement répréhensible d’armes chimiques par le régime syrien et par Daech. Nous appelons les soutiens du régime à garantir le respect par celui-ci de son obligation de déclarer et de démanteler les armes chimiques restantes. Nous déplorons le fait que la Syrie ait assumé la présidence de la Conférence du désarmement en mai compte tenu de son mépris constant et flagrant des normes et accords internationaux en termes de non-prolifération. Nous réaffirmons notre attachement collectif à la Convention sur les armes chimiques et nous appelons tous les États à soutenir la prochaine conférence extraordinaire des États Parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et à œuvrer ensemble pour renforcer la capacité de l’OIAC à promouvoir la mise en œuvre de la Convention. Nous appelons les pays qui ne l’ont pas encore fait à adhérer au Partenariat international contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques. Nous appelons de nos vœux un gouvernement non sectaire, crédible et ouvert à tous en Syrie, facilité par des élections libres et équitables organisées dans le respect des normes internationales les plus strictes en termes de transparence et de responsabilité, tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, étant libres d’y participer.

Nous restons préoccupés par la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine du sud, et nous réaffirmons notre ferme opposition à toute action unilatérale susceptible de provoquer une escalade des tensions et de fragiliser la stabilité régionale et l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous exhortons toutes les parties à rechercher la démilitarisation de toutes les zones disputées. Nous sommes déterminés à adopter une position ferme face aux violations des droits de l’Homme, à la traite des êtres humains et à la corruption partout dans le monde, qui atteignent les populations vulnérables, et nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures fortes contre ces violation partout dans le monde. Nous nous félicitons des engagements pris récemment par la Birmanie et nous nous engageons à coordonner les efforts déployés pour bâtir une paix durable et soutenir la transition démocratique en Birmanie, notamment dans le contexte de l’actuelle crise concernant les Rohingyas, pour permettre l’accès humanitaire sûr et sans entrave et le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans des conditions sûres, volontaires et dignes. Nous sommes vivement préoccupés par le non-respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques fondamentaux au Vénézuéla, et par la spirale de la crise économique et ses répercussions humanitaires. Nous exprimons notre préoccupation face à la dégradation constante de la situation au Yémen et nous réitérons notre appel à toutes les parties pour qu’elles se conforment totalement au droit international humanitaire et au droit des droits de l’Homme.

Reconnaissant la menace que le programme de missiles balistiques de l’Iran fait peser sur la paix et la sécurité internationales, nous demandons à l’Iran de s’abstenir de tous tirs de missiles balistiques, qui sont incompatibles avec la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, y compris toutes ses annexes, et qui sont déstabilisants pour la région, et de cesser la prolifération de la technologie des missiles. Nous sommes déterminés à veiller en permanence à ce que le programme nucléaire de l’Iran demeure pacifique, conformément à ses obligations internationales et à son engagement à ne jamais chercher à se procurer, mettre au point ou acquérir d’arme nucléaire. Nous condamnons tous les soutiens financiers au terrorisme, notamment aux groupes terroristes financés par l’Iran. Nous appelons également l’Iran à jouer un rôle constructif en contribuant aux efforts de lutte contre le terrorisme pour trouver des solutions politiques et parvenir à la réconciliation et à la paix dans la région.

Nous restons préoccupés par le conflit israélo-palestinien, notamment au vu des derniers événements. Nous sommes favorables à la reprise rapide des négociations de paix substantielles entre Israéliens et Palestiniens afin de parvenir à une solution négociée qui garantisse la paix et la sécurité des deux parties. Nous soulignons combien il est important de remédier dès que possible à la situation humanitaire et de sécurité dans la bande de Gaza, situation dramatique et qui ne fait qu’empirer.

La sécurité, la stabilité et le développement durable de l’Afrique sont au premier rang de nos priorités et nous réaffirmons notre soutien aux initiatives menées par les Africains, y compris au niveau régional. Nous réaffirmons notre volonté de travailler en partenariat avec le continent africain, en appui à l’Agenda 2063 de l’Union africaine, afin de réaliser le potentiel de l’Afrique. Nous encouragerons le renforcement des capacités africaines à mieux prévenir et gérer les crises et les conflits et à mieux y répondre, ainsi qu’à renforcer les institutions démocratiques. Nous réaffirmons notre attachement à la stabilisation et à l’unité de la Libye, ainsi qu’à la démocratie dans le pays, qui sont essentiels pour la stabilité de la région méditerranéenne et de l’Europe. Nous soutenons les efforts déployés par M. Ghassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, afin de mettre en œuvre un processus politique inclusif sur la base de son plan d’action, et nous encourageons tous les Libyens et tous les acteurs de la région à maintenir leur engagement constructif, comme énoncé dans la déclaration du Président du Conseil de sécurité des Nations Unies en juin 2018. Nous soutenons les efforts déployés par le Président du Conseil et le Gouvernement d’entente nationale pour consolider les institutions de l’État.

Travailler ensemble sur les changements climatiques, les océans et l’énergie propre

Une planète en bonne santé et une croissance économique durable se renforcent mutuellement. Nous mettons donc en œuvre des mesures à l’échelle mondiale pour un avenir durable et résilient qui crée des emplois pour nos concitoyens. Nous soutenons fermement une large participation et le rôle moteur des jeunes, des filles et des femmes dans la promotion du développement durable. Nous proclamons ensemble notre ferme détermination à disposer d’un environnement, d’un air et d’une eau propres et de sols sains. Nous nous engageons à poursuivre les mesures en cours pour renforcer notre sécurité énergétique collective et à montrer l’exemple pour faire en sorte que nos systèmes énergétiques continuent d’engendrer une croissance économique durable. Nous reconnaissons que chaque pays peut tracer sa voie pour parvenir à un avenir sobre en carbone. Nous attendons avec intérêt l’adoption d’un ensemble commun de lignes directrices lors de la vingt-quatrième Conférence des Parties (COP 24) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

L’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne réaffirment leur ferme détermination à mettre en œuvre l’Accord de Paris grâce à une action climatique ambitieuse, notamment en réduisant les émissions tout en stimulant l’innovation, en renforçant les capacités d’adaptation, en consolidant et finançant la résilience et en diminuant les vulnérabilités, ainsi qu’en garantissant une transition juste et en intensifiant les efforts pour mobiliser des moyens de financement de l’action climatique provenant d’un large éventail de sources. Nous avons discuté du rôle essentiel des transitions énergétiques grâce au développement de technologies énergétiques propres de marché et de l’importance de la tarification du carbone, de la coopération et de l’innovation technologiques pour continuer de faire progresser la croissance économique et de protéger l’environnement dans le cadre de systèmes énergétiques durables, résilients et sobres en carbone, ainsi que pour financer les capacités d’adaptation. Nous réaffirmons l’engagement que nous avons pris envers nos concitoyens de réduire la pollution de l’air et de l’eau et nos émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à une économie mondiale neutre en carbone durant la seconde moitié du siècle. Nous nous félicitons de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution intitulée « Vers un pacte mondial pour l’environnement » et nous attendons avec intérêt la présentation d’un rapport du Secrétaire général lors de la prochaine Assemblée générale.

L’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne promouvront la lutte contre le changement climatique par des partenariats en collaboration et travailleront avec tous les partenaires intéressés, à tous les échelons de l’administration, locale, autochtone, communautés côtières isolées et petits États insulaires, ainsi qu’avec le secteur privé, les organisations internationales et la société civile pour recenser et évaluer les lacunes de l’action publique, les besoins et les bonnes pratiques. Nous reconnaissons la contribution des conférences One Planet à cet effort collectif.

Les États-Unis considèrent que la croissance économique et le développement durables dépendent d’un accès universel à des sources d’énergie fiables et à un coût abordable. Ils sont attachés aux actions actuelles de renforcement de la sécurité énergétique collective mondiale, notamment par des mesures favorisant des marchés mondiaux ouverts, diversifiés, transparents, liquides et sûrs pour toutes les sources d’énergie. Les États-Unis continueront à promouvoir la sécurité énergétique et la croissance économique d’une façon qui améliore la santé des océans et de l’environnement, tout en augmentant les investissements publics-privés dans les infrastructures et les technologies énergétiques qui améliorent la capacité des pays à produire, transporter et utiliser toutes les sources d’énergie disponibles, en fonction de la situation nationale propre à chacun. Les États-Unis s’efforceront de travailler en étroite coopération avec les autres pays pour leur permettre d’accéder aux combustibles fossiles et de les utiliser de manière plus propre et plus efficiente et pour favoriser le déploiement des énergies renouvelables et d’autres sources d’énergie propre, compte tenu de l’importance accordée à l’accès à l’énergie et à la sécurité énergétique dans leurs contributions prévues déterminées au niveau national. Les États-Unis sont convaincus du rôle essentiel de la transition énergétique grâce au développement de technologies énergétiques propres axées sur le marché et à l’importance de la coopération et de l’innovation technologiques pour continuer à faire progresser la croissance économique et protéger l’environnement dans le cadre de systèmes énergétiques durables, résilients et propres. Les États-Unis rappellent leur engagement à faire progresser la croissance économique durable et soulignent l’importance d’une action constante pour réduire la pollution de l’air et de l’eau.

Reconnaissant que des océans et des mers en bonne santé soutiennent directement les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la prospérité économique de milliards de personnes, nous nous sommes réunis avec les chefs d’État et de gouvernement de l’Afrique du Sud, de l’Argentine, du Bangladesh, d’Haïti, de la Jamaïque, du Kenya, des îles Marshall, de la Norvège, du Rwanda (Président de l’Union africaine), du Sénégal, des Seychelles et du Vietnam, ainsi qu’avec les directeurs des Nations Unies, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’Organisation de coopération et de développement économiques pour discuter des mesures concrètes de protection de la santé des environnements marins et garantir une utilisation durable des ressources marines dans le cadre d’un programme renouvelé destiné à renforcer la protection de la biodiversité mondiale. Nous adoptons le Plan d’action de Charlevoix pour des mers et des océans sains et des communautés côtières résilientes, et nous améliorerons notre connaissance des océans, favoriserons la durabilité des océans et des pêcheries, soutiendrons la résilience des côtes et des communautés côtières et lutterons contre les déchets plastiques et les déchets marins dans les océans. Reconnaissant que les plastiques jouent un rôle important dans notre économie et dans notre vie quotidienne mais que l’approche actuelle de la production, l’utilisation, la gestion et l’élimination des plastiques constitue une menace significative pour l’environnement marin, les moyens de subsistance et potentiellement pour la santé humaine, nous, chefs d’État et de gouvernement du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, président de la Commission européenne et président du Conseil européen, adoptons la Charte du G7 sur la pollution plastique des océans.

Conclusion

Nous avons la responsabilité commune d’agir ensemble pour stimuler une croissance économique durable qui profite à tous, et en particulier aux personnes les plus susceptibles d’être marginalisées. Nous tenons à remercier nos concitoyens, la société civile, le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes, les groupes d’engagement officiels du G7 et d’autres partenaires pour leurs contributions précieuses à la présidence canadienne. Nous nous félicitons de la proposition du Président français d’accueillir notre prochain Sommet en 2019 et de son engagement à continuer de diriger les travaux du G7 sur notre programme d’action commun.

dernière modification le 13/06/2018

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