Coopération franco-japonaise dans le domaine du nucléaire : tenue du second séminaire « Demeterres » à Tokyo

S’inscrivant dans le cadre du 160ème anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises, le second séminaire « Demeterres [1] » s’est déroulé les 18 et 19 octobre 2018 dans les locaux de l’ambassade de France à Tokyo. Il avait pour ambition de favoriser les échanges franco-japonais sur les technologies et stratégies de réhabilitation de l’environnement suite à un accident nucléaire.

Inauguré par l’ambassadeur de France représenté par le conseiller nucléaire, ce séminaire a rassemblé plus de 70 invités, chercheurs, responsables administratifs et ministériels et industriels des deux pays.

Après un accident nucléaire, les technologies de réhabilitation ne sont que partiellement satisfaisantes dans la mesure où, d’une part, elles ne permettent pas de restaurer durablement l’usage, notamment agricole, des sols, et d’autre part, elles conduisent à des volumes excédentaires, voire inadaptés de déchets au regard des filières en place.

L’enjeu du projet Demeterres est de développer des technologies innovantes pour décontaminer et réduire le volume des effluents et des terres contaminés. Ce projet, piloté par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et cofinancé par le Programme des Investissements d’Avenir géré par l’Agence nationale de la recherche (ANR), rassemble depuis 5 ans les partenaires académiques, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), et les partenaires industriels, Orano et Veolia.

Pour traiter les effluents liquides ont été présentés les procédés Saphirad et Nymphéa ainsi qu’un nouveau produit, le Sorbmatech®, visant à extraire sélectivement le césium. Pour décontaminer les terres, un procédé original par « mousse de flottation particulaire » présenté au Ministère de l’Environnement Japonais a fait l’objet d’un essai de démonstration en novembre 2017 dans la commune d’Okuma (Préfecture de Fukushima). Enfin, des résultats encourageants avec des végétaux au comportement modifié vis-à-vis de la capture du césium radioactif ouvrent la voie à leur exploitation pour réhabiliter l’usage des sols contaminés.

Les avancées récentes dans les approches de décontamination de l’environnement et de revitalisation de l’activité économique ont été détaillées par les responsables ministériels et institutionnels japonais, qui misent sur l’innovation pour préparer l’avenir de la zone de Fukushima.

La présence à ce séminaire de représentants de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de son expert technique, l’IRSN, a montré leur intérêt pour enrichir la doctrine française de gestion post accidentelle.

À une époque où le recours aux énergies faiblement émettrices de carbone s’impose, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables devront constituer le mix énergétique de l’avenir. D’où la nécessité de réunir les conditions leur assurant un avenir durable.

Ces deux journées ont constitué un rendez-vous apprécié par l’ensemble des participants : elles ont permis de faire le bilan des collaborations existantes et d’en initier de nouvelles.

[1Développement de Méthodes bio et Ecotechnologiques pour la remédiation raisonnée des effluents et des sols en appui à une stratégie de réhabilitation post-accidentelle.

dernière modification le 31/10/2018

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