Participation de M. Le Drian à une réunion ministérielle avec M. Javad Zarif [ja]

Une réunion a eu lieu le 11 janvier à Bruxelles entre les ministres des affaires étrangères français, britannique et allemand et leur homologue iranien, avec la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Cette réunion a été l’occasion pour les parties de réitérer leurs positions sur l’accord nucléaire iranien et de faire le point sur sa mise en œuvre.

La France est déterminée à préserver l’accord de Vienne, qu’elle a contribué à rendre robuste pendant les négociations et à renforcer depuis la phase de mise en œuvre. Cet accord nous engage, comme tous les pays qui l’ont conclu. Cela vaut pour le volet nucléaire - et l’Iran doit mettre en œuvre rigoureusement ses engagements - comme pour le volet économique. Cet accord a également été reconnu par le Conseil de sécurité des Nations unies comme la solution à une crise de plus de dix ans.

D’autres préoccupations, en dehors du nucléaire, doivent trouver des réponses. Le programme balistique iranien n’est pas conforme à la résolution 2231 du Conseil de sécurité et est un facteur de déstabilisation de la région. Les informations sur les transferts de missiles et une assistance de l’Iran à des pays et entités non étatiques de la région constituent une grave préoccupation. C’est pourquoi le programme balistique iranien doit être encadré. Nous appelons l’Iran à cesser les tirs de missiles balistiques non conformes et à répondre à l’offre de dialogue faite sur ce sujet. L’Union européenne devra également rester active sur ce sujet.

L’action de l’Iran dans la région, notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, doit également être discutée car elle suscite des tensions qui ne peuvent être ignorées.

La réunion du 11 janvier a aussi été l’occasion pour M. Jean-Yves Le Drian d’exprimer une nouvelle fois les préoccupations de la France, ainsi que sa volonté d’avoir un dialogue exigeant avec l’Iran sur chacun de ces sujets.

En outre, la France est vigilante sur le respect des droits et libertés du peuple iranien dans le contexte des manifestations qui ont eu lieu en Iran à partir du 28 décembre. C’est la position qu’a exprimée le président de la République, qui a été rappelée lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 5 janvier à New York.

Lire la déclaration du ministre à la conférence de presse à l’issue de la réunion sur l’Iran (Bruxelles, 11 janvier 2018)

Quelques mots pour renforcer les propos de la Haute Représentante.

La France est très vigilante sur le respect de l’accord de Vienne, considérant que cet accord de non-prolifération est essentiel, qu’il n’y a pas d’alternative, et donc qu’il importe qu’il soit respecté par l’ensemble des parties. Il n’y a pas aujourd’hui d’indications qui pourraient laisser un doute sur le bon respect par la partie iranienne de l’accord, puisque l’AIEA confirme régulièrement la bonne mise en œuvre de cet accord. Il importe donc que l’ensemble des parties prenantes respectent ces engagements communs et en conséquence, que nos alliés américains les respectent aussi. Il n’y a pas de raison particulière pour qu’il y ait une rupture dans la logique qui s’est mise en œuvre depuis la signature.

Cela signifie aussi que les sanctions restent levées, qu’il y ait une coopération qui s’instaure. Mais cela ne signifie pas que nous cachions les points de désaccord, qui existent, la Haute Représentante l’a exposé, à la fois dans le domaine balistique et sur l’action de l’Iran dans l’ensemble de la région. Il faut que l’on parle de ces deux autres sujets, mais nous distinguons. Nous n’articulons pas la discussion nécessaire sur ces points de désaccord avec la nécessité de maintenir scrupuleusement le JCPOA, qui est en même temps une forme de préservation de la paix. Nous avons insisté de manière tout à fait vigoureuse pour le respect intégral de cet accord.

dernière modification le 15/01/2018

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