Terre de Jeux 2024 - Trois questions à l’ambassadeur de France au Japon

Trois questions à Laurent Pic, ambassadeur de France au Japon, sur le label « Terre de Jeux 2024 ».

1/ Quelle bilan faîtes-vous à ce jour de l’attribution du label « Terre de Jeux 2024 » à l’ambassade de France au Japon ?

Le label « Terre de Jeux 2024 » a été attribué par Paris 2024 à l’ambassade de France au Japon le 5 novembre dernier, en présence de la championne de Judo, Lucie Decosse, de l’ambassadrice déléguée pour le sport, Laurence Fischer, et du Directeur général du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, Étienne Thobois. À travers la déclinaison internationale de ce label, Paris 2024 et le ministère des Affaires étrangères s’associent pour faire en sorte que les trois grands piliers du concept des Jeux de Paris 2024 – célébration, héritage et engagement – puissent également impliquer les Françaises et Français établis à l’étranger, a fortiori au Japon.

En effet, le Japon a accueilli avec succès, à l’automne 2019, la Coupe du monde de Rugby et s’apprête à organiser les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, deux des plus grands événements sportifs au monde pour lesquels la France prendra le relai en 2023 et 2024. Il semblait à la fois naturel et symbolique d’attribuer ce label « Terre de Jeux 2024 » en exclusivité à l’ambassade de France au Japon.

Évidemment, la pandémie de Covid-19 nous a forcé à reporter un certain nombre de projets destinés à mobiliser la communauté française au Japon autour de la thématique du sport.

Mais, le bilan du label me semble d’ores et déjà très prometteur, comme en atteste par exemple le dynamisme dont le Lycée français international de Tokyo (LFIT) a fait preuve lors de la 4e édition de la « Semaine olympique et paralympique », qui s’est tenue du 3 au 8 février dernier. Toute la semaine, des activités ont permis de sensibiliser les enfants, parfois même leurs parents, à la pratique sportive. L’enseignement de l’histoire de l’olympisme, de ses valeurs que sont l’amitié, le respect, l’excellence, était également au programme. Avec le soutien de Paris 2024, la basketteuse et vice-championne olympique Émilie Gomis a pris part activement aux activités organisées par le LFIT et transmis son expérience d’athlète de très haut niveau.

Nous sommes impatients de pouvoir renouveler l’opération à l’avenir alors qu’il nous reste un an avant les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo.

2/ A cet égard, quel est l’impact du report des Jeux de Tokyo pour le label « Terre de Jeux 2024 » ?

Le report des Jeux olympiques et paralympiques était inévitable compte-tenu de la gravité de la situation sanitaire dans le monde. Je souhaiterais exprimer toute ma sympathie à nos amis japonais, contraints de repousser à 2021 un événement qu’ils préparaient avec ardeur depuis de nombreuses années. Je perçois leur déception, mais je reste optimiste. Le défi est de taille, mais le gouvernement, le Gouvernement métropolitain de Tokyo et bien entendu le comité d’organisation de Tokyo 2020 sont pleinement à l’ouvrage pour adapter leur dispositif et permettre la tenue de la grande fête de l’olympisme l’année prochaine, tout en prenant en compte l’évolution de la pandémie.

En ce qui concerne le label Terre de Jeux 2024, il a de toute évidence lui aussi marqué un temps d’arrêt. Mais alors que l’État d’urgence a été levé dans tout le Japon et que les activités sportives reprennent progressivement leurs droits, nous allons à notre tour nous mobiliser pour tirer parti du temps qui nous sépare des Jeux olympiques et paralympiques. Alors que les Japonais étaient invités à rester chez eux et à limiter leurs déplacements, l’importance du sport dans notre quotidien n’est apparue que plus clairement. Faisons en sorte que le sport, sa pratique, ses valeurs, les émotions qu’il véhicule, fassent partie intégrante de notre résilience. J’estime que le label « Terre de Jeux 2024 » peut être un cadre particulièrement bénéfique à cette fin. Évidemment, la reprise se fera progressivement et dans le respect de toutes les règles en vigueur au Japon.

À mesure que les préparatifs pour les Jeux de Tokyo reprennent, que certaines compétitions retrouvent leur droit dans le calendrier sportif national et international, nous veillerons à saisir toute les opportunités permettant aux Françaises et Français établis au Japon d’aller à la rencontre et d’échanger avec les athlètes français ou japonais, de participer aux événements, comme spectateurs ou sportifs. En résumé, d’être des acteurs à part entière dans un contexte unique où leur pays d’accueil et leur pays d’origine ouvrent tour à tour leurs portes aux Jeux olympiques et paralympiques.

3/ Quelles sont les synergies offertes par le label Terre de Jeux 2024 vis-à-vis des collectivités, des autres ambassades ?

Le caractère collaboratif et inclusif est un élément essentiel du label « Terre de Jeux 2024 ». À l’étranger et dans la mesure où l’une de nos missions est de contribuer au rapprochement entre nos deux pays, je crois qu’il est tout à fait pertinent de favoriser la synergie entre l’ambassade et d’autres collectivités territoriales détentrices du label.

Il me parait tout à fait pertinent de recourir au label « Terre de Jeux », s’appuyer sur les initiatives de Paris 2024 en France pour contribuer au développement des relations entre les collectivités françaises et japonaises, jumelées ou ayant signé des partenariats. Ces liens sont d’ores et déjà nombreux et étroits et les délégations de collectivités territoriales françaises se succèdent au Japon pour promouvoir de nouveaux partenariats dans tous les domaines. Il faut donc mettre à profit cette attraction mutuelle entre les territoires de nos deux pays.

Dans l’immédiat, nous pourrions imaginer des échanges à distance permettant à ces collectivités, fortes de l’expérience du Covid-19, d’échanger sur la place qu’elles comptent accorder désormais au sport dans le renforcement de la résilience de nos sociétés, sur les enjeux environnementaux, sanitaires voire éthiques qui y sont liés. À terme, lorsque les conditions seront réunies, ces collectivités pourraient redynamiser les échanges humains dans le cadre de manifestations emblématiques régionales, à l’image de randonnées cyclo-touristiques ou de courses à pied par exemple.

De même, la coopération entre ambassades à l’échelle régionale peut également être développée dans le cadre du label pour illustrer le dynamisme de la communauté française. Nous pourrions nous appuyer, par exemple, sur les compétitions internationales comme les triathlons ou les marathons qui, souvent, attirent de nombreux participants issus des pays plus ou moins voisins. À ce titre, je note que la région du Kansaï organisera en mai 2021 les « Jeux des Masters ». Nos ambassades en Asie du Nord-Est pourraient ainsi se mobiliser et se coordonner pour susciter la participation de Françaises et de Français à cet événement sportif ouvert à tous les passionnés.

Il pourrait s’agir d’une opération symbolique forte, quelques mois seulement avant la tenue des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, à l’issue desquels le flambeau sera passé à Paris.

dernière modification le 23/06/2020

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